Hôtel Deprez-Van de Velde
Bruxelles (quartier des Squares)
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1896
- Architecte
- Victor Horta
- Type
- Hôtel particulier (Art nouveau, classé)
- Accès
- Se voit depuis la rue, à l'angle de l'avenue Palmerston et de la rue Boduognat
Victor Horta a conçu en 1896 cet hôtel particulier d'angle pour Georges Deprez, à la tête des cristalleries du Val Saint-Lambert, et Madame Van de Velde. Sa façade de pierre blanche rehaussée de pierre bleue s'anime d'un oriel sur consoles végétales et d'un encadrement d'entrée en arc brisé. Les architectes M. et R. Genard l'ont agrandi en 1910, puis l'architecte Jean Delhaye, son propriétaire, l'a réaménagé en 1963 pour y installer des bureaux ; il est classé depuis 1971.
Histoire
En 1896, Georges Deprez, nouveau directeur des cristalleries du Val Saint-Lambert, veut se faire bâtir un pied-à-terre à Bruxelles, pour lui-même et Madame Van de Velde. Il s'adresse à l'architecte Georges Hobé, qui lui conseille Victor Horta. Le terrain est petit et situé à l'angle de deux rues ; Horta doit y ménager un jardinet de cinq mètres de profondeur, fermé par une grille, et intégrer à la décoration intérieure un mobilier de réemploi. L'hôtel qu'il conçoit compte quatre niveaux : trois travées sur la rue Boduognat, trois sur l'avenue Palmerston, devancées du jardinet, et une travée biaise qui relie les deux côtés.
En 1910, Henri Renkin, nouveau propriétaire de l'hôtel, le fait agrandir et transformer par les architectes M. et R. Genard. Ceux-ci reprennent la travée d'extrémité côté avenue et démolissent la maison voisine, de deux travées inégales, pour dresser dans le même style un nouveau front symétrique, à trois travées sur trois niveaux, avec une entrée dans l'axe. Rue Boduognat, la deuxième travée est entièrement modifiée, et un volume de deux travées s'élève à la place de la cour arrière, déjà devenue garage en 1905 ; les fenêtres de l'angle sont murées et les profils qui encadraient les fenêtres disparaissent. L'agrandissement respecte le style et les matériaux, mais fait disparaître l'asymétrie propre au projet de Horta.
En 1959, l'architecte Jean Delhaye, alors propriétaire, projette de transformer la façade et l'intérieur, sans suite. En 1963, il dépose une nouvelle demande, pour installer des bureaux dans l'hôtel. Le Collège de la Ville refuse ; Delhaye fait appel auprès de la Députation permanente, et la Province accorde le permis. L'intérieur est entièrement réaménagé, la façade de 1910 sur l'avenue reçoit un quatrième niveau, sur le modèle de celui de l'hôtel de 1896, et des lucarnes sont ouvertes dans la toiture. L'hôtel est classé depuis le 21 juin 1971.
Architecture
Les façades sont en pierre blanche rehaussée de pierre bleue, qui forme des bandeaux au bas de l'élévation et souligne les angles, et le décor de pierre est finement travaillé. Au rez-de-chaussée, la plupart des baies sont rectangulaires ; aux étages, elles s'ouvrent sous un arc surbaissé à extrados légèrement brisé, dans un mince encadrement. De fines colonnettes soulignent les angles et encadrent quelques travées, et des prises d'air en forme d'ouïes ponctuent les étages. Dans le projet de Horta, plus de cinquante portes et fenêtres s'ouvrent dans les deux façades et dans le pan coupé de l'angle, et laissent lire la fonction de chaque niveau : le service dans le demi-sous-sol, les affaires au rez-de-chaussée, la réception au bel-étage, la vie privée aux étages supérieurs.
Sur l'avenue Palmerston, une travée de Horta s'ouvre au rez-de-chaussée par une fenêtre à grillage dont l'arc repose sur deux colonnettes. Deux consoles aux courbes végétales y soutiennent un oriel de plan trapézoïdal, dont le sommet forme au troisième étage une terrasse à parapet, devant une triple fenêtre à piédroits en pilastre. Le pan de 1910 est légèrement en ressaut et compte trois travées, la travée axiale étant plus large. Sa porte d'entrée est devenue en 1963 une baie ouverte sur un porche ; au-dessus, un balcon aux angles incurvés, sur consoles géométrisées, a un garde-corps de fonte aux lignes Art nouveau.
Rue Boduognat, l'entrée principale d'origine réunit une porte sous un arc déprimé légèrement chantourné et deux fenêtres à arc rampant, dans un encadrement ouvragé, de plus en plus saillant, qui dessine un arc brisé. Cet encadrement porte un oriel à pans latéraux concaves, qui monte sur toute la hauteur de l'élévation. Vers l'angle, le soubassement s'incurve et se garnit de motifs souples. Des tiges de pierre sortent du soubassement et grimpent le long de la façade comme des plantes ; sur l'angle, les souches de cheminée, en pierre ouvragée, sont reliées par un arc. Les grilles en fer forgé des fenêtres du rez-de-chaussée sont conservées, comme celles du jardinet, dont les colonnettes se terminent en coup de fouet.
Visiter
L'hôtel se découvre depuis la rue, à l'angle de l'avenue Palmerston et de la rue Boduognat, dans le quartier des Squares.
50.85° N, 4.38° E