Maison et atelier de Victor Horta (musée Horta)
Saint-Gilles, Bruxelles
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1898-1901
- Architecte
- Victor Horta
- Type
- Maison et atelier d'architecte, aujourd'hui musée (monument classé, patrimoine mondial de l'UNESCO)
- Accès
- Ouvert au public, fermé le lundi, réservation d'un créneau en ligne obligatoire (visit.brussels, novembre 2026)
Victor Horta a conçu cette maison et l'atelier voisin pour lui-même ; ils ont été bâtis en 1898-1901 à Saint-Gilles. L'espace s'organise autour d'une cage d'escalier éclairée par une verrière, et les éléments de structure restent apparents. La maison est classée depuis 1963, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2000 avec trois autres demeures de Horta, et abrite le musée Horta.
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Histoire
Sur deux parcelles voisines de la rue Américaine, à Saint-Gilles, larges ensemble de 12,5 m, Victor Horta conçoit de 1898 à 1901 sa propre maison, au numéro 25, et, au numéro 23, son bureau d'architecture et un atelier de sculpture. Les deux édifices sont pensés ensemble : la cage d'escalier de l'atelier est aussi accessible depuis l'habitation, mais chaque bâtiment garde son caractère propre.
La maison évolue du vivant de Horta : en 1906, la salle à manger s'ouvre sur le jardin par un petit salon, et l'étage mansardé, réservé à sa fille, reçoit un jardin d'hiver et une terrasse ; l'atelier gagne une troisième pièce en 1908. En 1911, Horta fait démonter la fenêtre et la grille du rez-de-chaussée de l'atelier pour y installer la porte d'un garage.
Au retour des Amériques, après la Première Guerre mondiale, Horta met en vente les deux bâtiments et s'installe avenue Louise. Les deux maisons sont alors séparées, et l'atelier devient une maison unifamiliale. En 1961, la commune de Saint-Gilles achète la maison pour en faire un musée, à l'initiative de l'architecte Jean Delhaye, ancien collaborateur de Horta. Delhaye mène une première restauration en 1967 ; le musée ouvre en 1969, d'abord dans la maison seule, puis dans l'atelier en 1973, quand la commune l'acquiert. De 1984 à 1987, le jardin, divisé après la séparation des immeubles, est recomposé à partir de documents anciens.
Une nouvelle campagne de restauration commence en 1989 sous la direction de l'architecte Barbara Van Der Wee. Une première phase (1991-1993) reconstitue la fenêtre du rez-de-chaussée de l'atelier et stabilise la cage d'escalier principale ; une seconde remet en état les pièces de l'atelier, la façade arrière et les toitures (1994-1995), et enfin, en 1998, les vitraux du lanterneau et les peintures qui ornent l'escalier. La maison est classée depuis le 16 octobre 1963 et, depuis le 30 novembre 2000, elle figure au patrimoine mondial de l'UNESCO, comme les hôtels Tassel, Van Eetvelde et Solvay.
Architecture
L'ensemble est conçu comme une œuvre totale : les matériaux sont employés de façon originale et la structure, laissée apparente, fait partie de l'ornement. La façade du numéro 25 est en pierre blanche d'Euville et de Savonnières. Les ferronneries, d'une qualité remarquable, sont faites de fers plats rivetés dessinant le motif en coup de fouet de l'Art nouveau.
Côté rue, la maison compte trois niveaux sous un toit mansardé, animés par un balcon et une logette décentrés. Entièrement en ferronnerie, le balcon est fixé par des boulons à la poutrelle du rez-de-chaussée ; des tirants métalliques le suspendent aux trois consoles de pierre de la logette. Son sol et le bas de son garde-corps étaient à l'origine en verre américain coloré, et le sol vitré se poursuit au-dessus de la porte en une marquise arrondie. Le garde-corps évoque des iris entrelacés sur les tirants ; la logette porte une terrasse dont le garde-corps de fer forgé rappelle des ailes de papillon. Tout en haut, une grande verrière perce le pan supérieur du toit, couvert de tuiles rouges, et abrite le lanterneau de la cage d'escalier. L'atelier, au numéro 23, s'élève sur trois niveaux sous une toiture ajourée d'une verrière ; ses fenêtres sont divisées par des colonnettes de fonte à chapiteaux en forme de griffes, et au deuxième étage la baie du bureau de dessin occupe toute la largeur de la façade.
Pour sa maison, Horta s'éloigne du plan bruxellois traditionnel : l'espace s'organise autour d'une cage d'escalier carrée, au cœur du bâtiment, que la lumière atteint par une verrière au sommet ; un escalier de service la double discrètement à l'arrière. Les deux premières volées, à rampe d'acajou, sont en marbre de Carrare. Au bel étage, l'escalier devient de bois, n'est plus enfermé et s'ouvre sur les pièces qu'il dessert : un grand hall formant salon côté rue, la salle à manger à l'arrière. Ces pièces en enfilade communiquent largement et se tiennent à des niveaux différents, ce qui ouvre des perspectives originales à travers la maison. Dans la salle à manger, des briques vernissées blanches couvrent murs et plafond, des arcades en anse de panier délimitent trois petites voûtes et des bas-reliefs de plâtre de Pierre-Jean Braecke courent en haut des murs.
Plus haut, les volées se resserrent et donnent un mouvement ascendant jusqu'à la verrière, à double berceau, dont les appuis sont de fins piliers métalliques intégrés à la rampe. Deux miroirs en forme d'aile de papillon se font face de part et d'autre et multiplient l'espace à l'infini. Le premier étage abritait l'appartement privé du couple, avec salon et boudoir côté rue, chambre, salle de bain et dressing à l'arrière.
L'aménagement intérieur a été conçu en même temps que l'architecture. Chauffage et éclairage se fondent dans le décor : au pied de l'escalier, un radiateur industriel à ailettes prend la forme d'un pilier métallique, tandis que, autour des balustrades et de l'armature du lanterneau, s'enroulent les luminaires. La polychromie, subtilement nuancée, naît des marbres, des bois précieux, du fer forgé doré, du verre américain et de la glace biseautée, ornés de courbes ou sculptés en arabesques. À l'arrière, depuis le salon, des marches de verre mènent au jardin et recouvrent un puits de lumière qui éclaire la cuisine-cave et la cave.
Usage
La maison et l'atelier forment aujourd'hui le musée Horta. La salle à manger conserve son mobilier d'origine en frêne d'Amérique et le salon côté jardin son aménagement d'origine en érable sycomore ; d'autres pièces sont garnies de meubles venus d'autres maisons, comme la maison Dopchie, à Renaix. Au deuxième étage de l'atelier, un ancien bureau de dessinateurs accueille la collection de moulages de Horta, et un second raconte l'histoire de la restauration du bâtiment.
Le musée est aussi un centre de recherche sur Horta et l'Art nouveau : les archives personnelles de l'architecte, une collection de plans de ses bâtiments et la bibliothèque sont accessibles sur rendez-vous.
Visiter
Le musée est fermé le lundi. Il ouvre de 14 h à 17 h 30 du mardi au vendredi, et de 11 h à 17 h 30 le samedi et le dimanche ; le dernier accès a lieu à 16 h 45. La réservation d'un créneau en ligne est obligatoire.
Le musée occupe les numéros 23 et 25 de la rue Américaine, à Saint-Gilles.
50.82° N, 4.36° E
Sources (8)
- monument.heritage.brussels/fr/Saint-Gilles/Rue_Amaericaine/25/501
- monument.heritage.brussels/nl/Sint-Gillis/Amerikaansestraat/25/501
- visit.brussels/fr/visiteurs/venue-details.Musee-Horta.241873
- visit.brussels/fr/visiteurs/agenda/bruxelles--capitale-de-l-art-nouveau
- stgilles.brussels/fr/musee-horta
- fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Horta
- openstreetmap.org/way/110901960
- wikidata.org/wiki/Q109928815
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