Serres Royales de Laeken
Bruxelles

Sources consultées en septembre 2026
- Année
- 1874–1905
- Architecte
- Alphonse Balat
- Style
- Fer et verre, prémices de l'Art nouveau
- Dimensions
- 2,5 ha · Jardin d'Hiver : 57 m de diamètre
- Statut
- Ouverture au public quelques semaines au printemps ; rotonde du Jardin d'hiver fermée pour restauration à partir de 2026
Commandées par Léopold II à Alphonse Balat, futur mentor de Victor Horta, ces serres marquent une étape charnière entre l'architecture métallique victorienne et l'Art nouveau naissant. Le Jardin d'Hiver, une rotonde de 57 mètres de diamètre coiffée d'une coupole de verre, accueille encore aujourd'hui banquets d'État et réceptions royales. Toujours propriété de la famille royale, l'ensemble de dix serres reliées par des galeries ne se visite que deux à trois semaines par an.
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Histoire
Grand amateur de plantes, Léopold II rêve d'un domaine de verre depuis sa découverte du Crystal Palace, lors de l'Exposition universelle de Londres de 1851. Pour le parc du château de Laeken, il écarte un premier projet du botaniste Jean Linden, jugé trop modeste, et confie le programme à l'architecte Alphonse Balat. Le premier grand ouvrage, le Jardin d'hiver, est élevé de 1874 à 1876. L'ensemble est inauguré en 1880, puis ne cesse de s'étendre.
Entre 1885 et 1887, Balat dessine la serre des Palmiers, la serre du Congo, la serre de Diane et l'Embarcadère. Ces constructions contemporaines de la création de l'État indépendant du Congo, propriété personnelle du roi, sont aussi conçues comme une vitrine de son pouvoir colonial, à travers les plantes d'Afrique centrale qu'elles présentent. En 1893 s'achève l'Église de fer, d'abord chapelle royale. Après la mort de Balat en 1895, Henri Maquet puis Charles Girault poursuivent les agrandissements jusqu'en 1905. Après la mort du roi en 1909, l'Église de fer est reconvertie en bains privés de la famille royale.
Depuis 2021, les serres sont chauffées à environ 90 % par la chaleur de l'incinérateur de Neder-Over-Heembeek, acheminée par quelque 4,5 km de conduites. Le Jardin d'hiver, jamais restauré en profondeur depuis sa construction, fait l'objet d'un chantier piloté par la Régie des Bâtiments et Beliris sur les plans du bureau Ma² (Francis Metzger) : il est fermé aux visiteurs à partir de 2026, pour au moins deux ans, les plantes restant en place.


Architecture et technique
L'ensemble, entièrement en fer et en verre, couvre entre 1,5 et 2,5 hectares. Plutôt qu'une serre unique, Balat compose une véritable ville de verre : pavillons monumentaux, coupoles et longues galeries couvertes qui traversent le terrain comme des rues, sur environ 700 mètres.
Le Jardin d'hiver en est la pièce maîtresse : une rotonde de 57 mètres de diamètre et d'environ 25 mètres de haut, dont la couronne vitrée repose sur des fermes de fonte concentriques et sur 36 arcs portés par une colonnade dorique circulaire ; les parois sont habillées de rocailles en ciment coulé sur armature métallique. L'Embarcadère juxtapose deux nefs parallèles sous voûte en berceau, avec une coupole sur colonnes corinthiennes en fer, ornée de vases chinois et de statues de Charles Van der Stappen. L'Église de fer, d'inspiration néo-byzantine, s'entoure de chapelles rayonnantes et sa coupole repose sur vingt colonnes de granit écossais. L'Orangerie néoclassique (1817-1819), antérieure au projet de Balat, mesure 97 mètres de long.
Les motifs végétaux introduits par Balat dans le décor métallique annoncent l'Art nouveau que développera Victor Horta, qui fut son apprenti.


Collections végétales
La collection botanique royale associe plantes d'Afrique centrale, végétaux d'apparat pour la cour et grandes espèces tropicales : palmiers, dattiers, fougères arborescentes, bananiers, medinillas. Les camélias en sont le trésor historique : en 1909, on en comptait 314 variétés et plus d'un millier de pieds ; environ trois cents subsistent, formant l'une des plus anciennes collections de camélias sous verre au monde. Certains sujets ont plus de deux siècles.
Léopold II possédait aussi quelque 130 orangers, dont certains âgés de deux à trois siècles ; il n'en restait qu'une quarantaine dans les années 1970, présentés dans l'Orangerie avec lauriers, rhododendrons et camélias. Parmi les pièces plus récentes figure un Wollemia nobilis, conifère que l'on croyait disparu jusqu'à sa redécouverte en Australie dans les années 1990.


Visiter
Les serres, qui appartiennent au domaine privé du château de Laeken, résidence de la famille royale, ne se visitent que quelques semaines par an, au printemps, généralement entre la mi-avril et la mi-mai (du 17 avril au 10 mai en 2026). Les billets sont vendus à l'avance par l'intermédiaire du site de la Monarchie belge. Le parcours suit les galeries d'une serre à l'autre ; tant que dure la restauration du Jardin d'hiver, le circuit est amputé de sa rotonde, et en 2026 l'accès à quelques salles du château a été proposé en compensation. La visite se prolonge volontiers dans le parc de Laeken, vers le monument à la Dynastie, le pavillon chinois et la tour japonaise.
50.89° N, 4.36° E
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Sources (9)
- regiedesbatiments.be/fr/projects/serre-jardin-dhiver
- fr.wikipedia.org/wiki/Serres_royales_de_Laeken
- en.wikipedia.org/wiki/Royal_Greenhouses_of_Laeken
- vacancesweb.be/article/jardin-hiver-serres-fermeture
- lavenir.net/actu/belgique/2026/04/12/la-minute-locale-inedit-aux-serres-royales-de-laeken-
- bx1.be/categories/news/le-jardin-dhiver-des-serres-de-laeken-va-etre-totalement-restaure/
- welovebrussels.org/2022/08/amazing-royal-greenhouses-brussels/
- noblesseetroyautes.com/ouverture-2026-des-serres-royales-de-laeken/
- wikidata.org/wiki/Q1644661
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