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🇹🇳Tunisie·Fermé au public

Villa Baizeau

Colline Sainte-Monique, Carthage

Sources consultées en novembre 2026

« Une villa de vacances face à la mer, dessinée sans que Le Corbusier se rende sur place et bordée sur trois faces de terrasses débordantes qui la protègent du soleil. »
Année
1928-1930
Architecte
Le Corbusier
Type
Villa de vacances (aujourd'hui dans l'enceinte du palais présidentiel)
Accès
Dans l'enceinte du palais présidentiel de Carthage ; non accessible (Fondation Le Corbusier, 2024)

En 1928, l'entrepreneur Lucien Baizeau demande à Le Corbusier une villa de vacances à Carthage, sur la colline Sainte-Monique, face à la mer. Conçue sur la structure dom-ino, avec des terrasses débordantes contre le soleil, elle est réalisée de 1928 à 1930 d'après des plans et une correspondance : Le Corbusier ne vient pas sur place. Nationalisée en 1961 et intégrée au domaine du palais présidentiel, elle est inaccessible.

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Histoire

Lucien Baizeau, entrepreneur de travaux publics installé à Tunis (Schwich & Baizeau), commande cette villa de vacances sur la colline Sainte-Monique, à Carthage, face à la mer. Il a découvert l'œuvre de Le Corbusier en 1927, à la suite de l'exposition du Deutscher Werkbund à Stuttgart. Il sait assez précisément ce qu'il veut : pour aider l'architecte à concevoir la maison, il lui fait parvenir des plans, des photos du terrain et un contrat détaillé. Il demande une maison moderne adaptée au climat méditerranéen, à l'abri du soleil et des vents chauds.

Le Corbusier ne se rend pas sur place. Il propose quatre plans ; les premiers sont rejetés, parce qu'ils tiennent peu compte des demandes du client. Le chantier s'ouvre en 1929 : on bâtit d'abord d'après les plans de la « Tunisoise industrielle », le temps que les plans détaillés « Baizeau 2 » soient prêts. Il s'achève en 1930, avec quelques changements imposés par le terrain.

Jacques, le deuxième fils de Lucien, avait rejoint les Forces françaises libres ; après sa mort, sa femme, Madeleine Baizeau, vient vivre dans la villa en 1947 avec ses six enfants. En 1961, l'État tunisien nationalise la villa et l'intègre au domaine du palais présidentiel de Carthage ; la famille s'en va définitivement. Inaccessible, elle sert aujourd'hui de dépôt d'archives aux Renseignements généraux tunisiens. En juillet 2023, la Commission nationale du patrimoine valide son dossier de protection juridique, et un décret du ministère des Affaires culturelles relatif à sa protection paraît au Journal officiel tunisien le 26 janvier 2024.

Architecture

Bâtie sur la structure dom-ino, la villa applique les cinq points de l'architecture nouvelle ; elle a un plan et des façades libres. Sur trois faces, un système de terrasses débordantes la protège du soleil ; ce principe, suggéré par le commanditaire, Le Corbusier le développera plus tard, notamment en Inde, à la villa Shodhan. Du côté des voies d'accès, les murs sont aveugles ; côté Méditerranée, des terrasses ouvertes munies de bastingages rappellent le pont d'un paquebot.

Le Corbusier prévoit aussi une ventilation naturelle : du rez-de-chaussée jusqu'en haut, les pièces communiquent, ce qui entretient un courant d'air permanent. Dedans comme dehors, les couleurs viennent de sa palette puriste : bleu, gris clair, terre d'ombre brûlée, rose, vert et gris moyen.

Visiter

La villa se trouve dans l'enceinte du palais présidentiel de Carthage et ne se visite pas.

Colline Sainte-Monique, Carthage

Sources (4)

  1. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-villa-baizeau-carthage-tunisie-19
  2. fondationlecorbusier.fr/en/work-architecture/achievements-baizeau-villa-carthage-tunisia-1
  3. swissinfo.ch/eng/culture/villa-baizeau-the-domino-piece-left-by-le-corbusier-in-tunisia/87
  4. kapitalis.com/tunisie/?p=18575046