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Architecture·1887 – 1965

Le Corbusier

Charles-Édouard Jeanneret

Le Corbusier
Photo : « Le Corbusier (1964) » · Joop van Bilsen for Anefo · Wikimedia Commons · CC0, recadrée

Charles-Édouard Jeanneret naît le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, ville horlogère de Suisse, d'un père émailleur de montres et d'une mère pianiste et enseignante de musique. Admis en 1900 à l'École d'Art de la ville, il est orienté vers l'architecture en 1905 par son maître Charles L'Eplattenier et construit, avec l'aide de René Chapallaz, son tout premier bâtiment, la villa Fallet. De 1907 à 1911 il sillonne l'Europe, de l'Italie à Vienne, Paris et Munich, travaille de novembre 1910 à avril 1911 dans l'atelier de Peter Behrens et accumule alors une quantité de notes et de dessins qui alimenteront son œuvre toute sa vie. En 1911, le « Voyage d'Orient » le mène de Prague aux Balkans, vers la Turquie et la Grèce. Il n'a pas de diplôme d'architecte : en 1940, une décision ministérielle autorise les architectes non diplômés Auguste Perret, Eugène Freyssinet et Le Corbusier à exercer.

Il s'installe définitivement à Paris en février 1917. Avec Amédée Ozenfant et Paul Dermée, il fonde en 1920 la revue L'Esprit Nouveau, où il prend le pseudonyme de Le Corbusier pour signer ses articles d'architecture. Il travaille dès 1922 avec son cousin Pierre Jeanneret ; Vers une architecture paraît en 1923 et, le 18 septembre 1924, il ouvre l'atelier du 35 rue de Sèvres, qu'il occupera jusqu'à sa mort. Le Plan Voisin (1925), proposé pour le centre de Paris, doit son nom aux constructeurs d'avions et d'automobiles qui ont soutenu financièrement le Pavillon de l'Esprit Nouveau, où l'étude est exposée : le centre de Paris, écrivent Le Corbusier et Pierre Jeanneret dans l'Œuvre complète, « doit se reconstruire sur lui-même ». Le système Dom-Ino, imaginé en 1914, une ossature de poteaux et de dalles, libère le plan et les façades. Les cinq points pour une architecture nouvelle (pilotis, fenêtre en longueur, toit-jardin, plan libre, façade libre), théorisés en 1927, apparaissent dès 1923 à la Maison La Roche, à Paris ; la villa Le Lac, à Corseaux au bord du Léman (1923-1924), en rassemble trois, et la villa Savoye, à Poissy (1928-1931), les illustre. À Pessac, la Cité Frugès (1924-1926) est la première expérimentation de ses théories sociales de l'architecture. En juin 1928, il organise avec Siegfried Giedion et Hélène de Mandrot le premier Congrès international d'architecture moderne (CIAM), au château de La Sarraz. Il obtient la nationalité française par décret du 19 septembre 1930.

Il s'installe à Vichy en janvier 1941 pour obtenir des nouvelles autorités la conduite de la reconstruction ; il n'y reçoit que des missions temporaires et des places dans des commissions sans pouvoir, et quitte définitivement la ville le 1er juillet 1942. Ce séjour et, plus largement, ses positions politiques font l'objet de polémiques et de débats entre historiens. Entre 1943 et 1950, il développe le Modulor, un système de proportions fondé sur la taille d'un homme d'1,83 m (six pieds), qui sert de mesure à l'Unité d'habitation de Marseille, commandée en juillet 1945 et inaugurée en 1952 : un immeuble de béton armé monté sur pilotis pour laisser le sol à la verdure comme au passage des piétons et des voitures, au centre d'un parc arboré. La Ville radieuse, dont il reprend les principes dans un ouvrage publié en 1935, doit, écrit-il en 1964, être placée « sous l'égide magistrale des conditions de nature : soleil – espace – verdure ». À partir des années 1950, sa production répond aux caractéristiques du brutalisme : matériaux laissés bruts, empreintes de décoffrage visibles. Plusieurs de ses œuvres travaillent la lumière et le cadrage du paysage : la fenêtre de 11 mètres de la villa Le Lac ouvre sur le lac Léman et les Alpes ; les deux fenêtres du Cabanon de Roquebrune-Cap-Martin (1951) cadrent l'une la Méditerranée, l'autre un caroubier centenaire ; la chapelle de Ronchamp (1950-1955), de béton, s'exprime en courbes, en lumière et en couleurs, avec des verres peints ; au couvent de La Tourette (1953-1960), il déploie des canons à lumière, des mitraillettes, des fentes, des puits de lumière et des pans de verre.

À partir de 1950, il est consultant général pour Chandigarh, nouvelle capitale du Pendjab, dont le chantier est dirigé par son cousin Pierre Jeanneret. Il reçoit la médaille d'or de l'Institut américain des architectes le 27 avril 1961. Il meurt le 27 août 1965 d'une crise cardiaque, lors de sa baignade quotidienne dans la Méditerranée, à Roquebrune-Cap-Martin. Des obsèques nationales ont lieu le 1er septembre dans la cour carrée du Louvre, avec une oraison funèbre d'André Malraux ; son urne rejoint celle de son épouse Yvonne dans leur tombe de Roquebrune-Cap-Martin. Sur les 79 bâtiments ou ensembles qu'il a réalisés, 65 subsistent. Depuis le 17 juillet 2016, dix-sept bâtiments ou sites, répartis dans sept pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Inde, Japon, Suisse, France), sont inscrits à la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de « L'Œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement moderne » : parmi eux les Maisons La Roche et Jeanneret à Paris, la villa Savoye, l'Unité d'habitation de Marseille, la chapelle de Ronchamp, le couvent de La Tourette, le complexe du Capitole de Chandigarh et la maison du docteur Curutchet à La Plata.

Carte des œuvres 79

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Œuvres de la liste : position du bâtiment quand elle est connue, sinon de la ville ; maisons privées sans adresse, au point publié par une source publique, au quartier ou à la ville.

Toutes les œuvres 79 œuvres

Les résidences privées ne se visitent pas ; elles sont placées sans adresse, au point publié par une source publique, au quartier ou à la ville.

France 49

Suisse 10

Inde 9

Allemagne 2

Belgique 2

Argentine 1

Irak 1

Italie 1

Japon 1

Russie 1

Tunisie 1

États-Unis 1

Sources (28)

  1. fondationlecorbusier.fr/le-corbusier/biographie/
  2. fondationlecorbusier.fr/biographie/1887-1906/
  3. fondationlecorbusier.fr/biographie/1907-1911/
  4. fondationlecorbusier.fr/biographie/1917-1922/
  5. fondationlecorbusier.fr/biographie/1923-1925/
  6. fondationlecorbusier.fr/biographie/1926-1928/
  7. fondationlecorbusier.fr/biographie/1929-1938/
  8. fondationlecorbusier.fr/biographie/1939-1946/
  9. fondationlecorbusier.fr/biographie/1947-1951/
  10. fondationlecorbusier.fr/biographie/1952-1956/
  11. fondationlecorbusier.fr/biographie/1961-1965/
  12. fondationlecorbusier.fr/dossier-thematique/vocabulaire-corbuseen/
  13. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/projets-plan-voisin-paris-france-1925/
  14. fondationlecorbusier.fr/dossier-thematique/mise-au-point-sur-les-polemiques-contre-le-corb
  15. fondationlecorbusier.fr/droits-auteur/gestion-des-droits/
  16. fondationlecorbusier.fr/le-corbusier/oeuvres/architecture/realisations/
  17. fondationlecorbusier.fr/la-fondation/missions/patrimoine-mondial/
  18. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-petite-villa-au-bord-du-lac-leman
  19. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-villa-savoye-et-loge-du-jardinier
  20. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-unite-dhabitation-marseille-franc
  21. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-cabanon-de-le-corbusier-roquebrun
  22. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-chapelle-notre-dame-du-haut-ronch
  23. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-couvent-sainte-marie-de-la-touret
  24. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-cite-fruges-pessac-france-1924-19
  25. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-maisons-la-roche-jeanneret-paris-
  26. sites-le-corbusier.org/en/
  27. en.wikipedia.org/wiki/Le_Corbusier
  28. wikidata.org/wiki/Special:EntityData/Q4724.json