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Église Holy Trinity, aujourd'hui Trinity Theatre

Royal Tunbridge Wells (Kent)

Sources consultées en novembre 2026

« Première église du XIXe siècle bâtie à Tunbridge Wells, œuvre néogothique de Decimus Burton, sauvée de la démolition et devenue théâtre. »
Année
1827-1829
Architecte
Decimus Burton
Type
Église néogothique devenue théâtre et centre d'art
Accès
Ouvert au public ; tour de l'horloge accessible d'avril à octobre (site officiel, novembre 2026)

Decimus Burton a conçu cette église paroissiale néogothique de style perpendiculaire, construite de 1827 à 1829 en grès local et classée Grade II*. Menacée de démolition après le dernier office de 1972, elle est devenue un théâtre et un centre d'art où des gradins occupent aujourd'hui la partie ouest de l'espace principal. Sa tour de l'horloge est ouverte au public depuis 2024.

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Itinéraire
Pour approfondir ≈ 6 min de lecture

Histoire

Dans les années 1820, Tunbridge Wells se peuple vite et n'a pas d'église paroissiale : la source de Lord North se trouve à la limite de trois paroisses anciennes, celles de Tonbridge, de Frant et de Speldhurst, et King Charles the Martyr, alors simple chapelle, est le seul lieu de culte public. Le 25 août 1824, une assemblée publique forme un comité de construction. Y siègent notamment John Ward, propriétaire du domaine de Calverley, et le docteur Thomas Thomson, qui vend le terrain. Le comité ouvre des souscriptions et s'adresse à la Church Building Commission, l'organisme chargé d'appliquer la loi de 1818 sur la construction d'églises : elle apporte 8 059 livres sur les 10 591 que coûte l'église, ce qui range Holy Trinity, d'abord appelée « la Nouvelle Église », parmi les églises dites des commissaires.

Le comité choisit Decimus Burton, que la Commission nomme. La tour est d'abord incertaine : la Commission accepte qu'on la bâtisse sans la financer, et les entrepreneurs doivent chiffrer leur offre avec et sans tour ; les fonds sont finalement trouvés. L'entreprise locale Henry et Aaron Barrett exécute les travaux. La première pierre est posée le 17 août 1827, jour d'anniversaire de la duchesse de Kent, en son honneur. Burton expose son projet à la Royal Academy en 1827, puis en 1829. L'évêque de Rochester consacre l'église le 3 septembre 1829 ; Henry Woodgate en est le premier vicaire. Victoria et sa mère y prient plusieurs fois lors de leur séjour à Tunbridge Wells, entre août et octobre 1834. L'église marquait une extrémité du domaine de Calverley de Burton ; les bâtiments qui la reliaient à ce domaine ont disparu lors de l'aménagement du centre civique au XXe siècle.

Au XXe siècle, la fréquentation religieuse recule. Le dernier office a lieu en 1972 ; en 1973, le diocèse de Rochester déclare l'église superflue sur le plan pastoral, et un projet publié en 1975 propose de la démolir et de rattacher sa paroisse à celle de Christ Church. La Civic Society, fondée en 1959, mène campagne ; le 14 octobre 1975, les Church Commissioners lui laissent jusqu'au 1er novembre 1976 pour présenter un projet viable et le financer. Avec le Tunbridge Wells Drama Club, elle forme un comité d'appel qui propose un théâtre et un centre d'art communautaires, approuvés en janvier 1976 sous réserve de viabilité. Le diocèse accorde un bail en janvier 1977. La Trinity Theatre and Arts Association conduit alors la conversion, avec de nombreux bénévoles ; des étudiants en maçonnerie de Kent College bâtissent l'auditorium. L'église devient un centre d'art en 1981, et les premiers spectacles y sont donnés à l'été 1982.

Le théâtre se développe ensuite : subvention du Tunbridge Wells Borough Council pour le chauffage, Trinity Youth Theatre en 1989, puis, en 2024, ouverture au public de la tour de l'horloge au terme d'un projet de cinq ans soutenu par le National Lottery Heritage Fund.

Architecture

Burton traite l'église dans le style néogothique, perpendiculaire dans ses lignes générales, avec des détails empruntés à des périodes médiévales plus anciennes. Elle est bâtie en grès local, en pierre de taille layée, extraite de la carrière de Calverley de John Ward, qui a aussi fourni le domaine de Calverley. Le plan comprend une nef, deux bas-côtés, un petit chœur, une tour à l'ouest et, de part et d'autre de la tour, deux vestibules d'entrée, au nord et au sud, d'où partent les escaliers des galeries. Les proportions sont celles d'une église des commissaires, mais le détail est plus solide et plus authentiquement médiéval qu'à l'ordinaire. Achevée, l'église offrait 1 500 places.

Les murs des bas-côtés sont divisés en six travées par des contreforts à retraits, chacune percée d'une fenêtre à deux lumières à remplage en Y très aigu, découpé de redents. Des parapets crénelés peu élevés couronnent l'église, sauf sur le chœur et la face orientale de la nef, où le parapet est uni. La fenêtre d'est, à quatre lumières et surmontée d'un cercle à dix lobes, s'inspire de l'architecture du début du XIVe siècle. Le petit chœur, qui prolonge à peine la nef, est un exemple relativement rare de la disposition antérieure à l'époque victorienne, durant laquelle les chœurs courts de ces églises furent le plus souvent remplacés par des chœurs plus longs, à l'imitation du Moyen Âge.

La tour occidentale compte trois étages mal délimités. Le premier, de loin le plus haut, porte une porte moulurée et une fenêtre à deux lumières à linteau droit ; vient ensuite un petit étage de l'horloge, sauf sur la face est, puis le beffroi, aux fenêtres à deux lumières sous un dais en accolade à crochets. Des pinacles d'angle et un parapet ajouré à petits gâbles au milieu de chaque face couronnent l'ensemble. Le parking actuel occupe l'ancien cercle où les voitures à cheval déposaient les fidèles.

À l'intérieur, la transformation a beaucoup modifié l'espace, mais on lit encore les arcades à colonnes groupées et chapiteaux moulurés, et une grande partie des galeries subsiste. La fenêtre d'est garde son vitrail, où les évangélistes figurent sous des phylactères et des dais. Deux monuments se trouvent à l'ouest : celui de Maria Thomas (morte en 1833), œuvre de William Behnes, et celui du lieutenant Charles Newton (mort en 1843), de Richard Westmacott le Jeune.

Usage

L'ancienne église est aujourd'hui Trinity Theatre, un théâtre, un centre d'art et une galerie, avec un café-bar et des salles à louer. La programmation mêle comédie, musique, théâtre et cinéma indépendant, et l'organisme mène aussi des activités avec les jeunes et les personnes âgées. La partie ouest de l'espace principal est occupée par des gradins ; la salle de réunion, le café et la cuisine se trouvent au rez-de-chaussée. L'ancien cimetière est devenu un jardin, où l'on peut s'asseoir avec une boisson.

La tour de l'horloge expose l'histoire de la ville, de ses habitants et de Trinity, de l'église au théâtre, et offre depuis le toit une vue panoramique sur la ville.

Visiter

Le café-bar et la billetterie sont ouverts de 10 h à 15 h, du lundi au samedi ; en cas de spectacle en dehors de ces heures, ils ouvrent une heure avant le début. La tour de l'horloge se visite chaque année d'avril à octobre. L'entrée accessible se fait par la porte nord, et le rez-de-chaussée est de plain-pied : billetterie, foyer, café-bar et galerie. Aucun ascenseur ne mène aux salles du premier étage ni à la tour, qui compte 118 marches ; un kiosque interactif du foyer permet d'en parcourir les expositions et la vue depuis le toit sans monter, tant que le foyer est ouvert.

Le théâtre se trouve à cinq minutes à pied de la gare de Tunbridge Wells.

51.13° N, 0.26° E

Sources (7)

  1. trinitytheatre.net/our-history/
  2. trinitytheatre.net/our-building/
  3. trinitytheatre.net/your-visit/
  4. trinitytheatre.net/about-us/
  5. britishlistedbuildings.co.uk/101223642-trinity-arts-centre-formerly-holy-trinity-church-tu
  6. heritage.kent.gov.uk/Monument/MKE122
  7. openstreetmap.org/way/246051944
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