Pavillon suisse (Fondation suisse)
Cité internationale universitaire, Paris 14e

Sources consultées en octobre 2026
- Année
- 1933
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Résidence étudiante
- Accès
- Résidence étudiante en activité ; accueil des visiteurs de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, chambre-témoin ouverte au public (Cité internationale universitaire de Paris, octobre 2026)
Résidence étudiante de la Cité internationale universitaire de Paris, le Pavillon suisse est construit de 1931 à 1933 par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret. Un bloc à ossature métallique de quatre étages, vitré au sud, repose sur des pilotis de béton brut ; un corps d'accueil bas, de forme libre, lui est accolé. Charlotte Perriand a conçu les chambres et une partie du mobilier ; la maison compte aujourd'hui 46 logements.
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Histoire
La Suisse décide dès 1924 d'édifier un pavillon à la Cité internationale universitaire. L'initiative revient au mathématicien Rudolf Fueter, de l'université de Zurich ; la construction est payée par des fonds privés et une subvention fédérale, et la résidence est destinée à loger une quarantaine d'étudiants suisses méritants.
Rudolf Fueter propose le projet à Le Corbusier. Celui-ci hésite, car il garde le souvenir amer d'avoir perdu en 1927 le concours du Palais de la Société des Nations, puis il accepte avec son cousin Pierre Jeanneret. Tous deux obtiennent la commande sans concours. Quatre projets se suivent de décembre 1930 à juillet 1931 ; le chantier s'ouvre en 1931 et se termine en 1933, et l'inauguration a lieu en juillet 1933.
À plusieurs reprises, Le Corbusier retouche l'édifice. En 1948, une grande peinture murale prend la place, dans le Salon courbe, du mural photographique abîmé pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1953, l'élévation sud est refaite et les vitrages des chambres tournées vers le sud sont remplacés. En 1957, il ajoute des banquettes à décor émaillé et dote les chambres d'une nouvelle polychromie. Le bâtiment, endommagé par un ensoleillement excessif, bénéficie aussi en 1957 et 1958 d'une rénovation partielle confiée à l'architecte Moreillon et supervisée par Le Corbusier.
Le 8 septembre 1965, le Pavillon suisse entre à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques ; il est ensuite classé le 16 décembre 1986. Entre 1991 et 1993, des travaux dirigés par Hervé Baptiste, architecte en chef des Monuments historiques, reprennent l'étanchéité des terrasses et renouvellent tout le parement en pierre reconstituée. Madeleine Hanaire restaure la peinture murale du salon en juillet 2000 ; la paroi en pavés de verre Nevada est refaite à l'identique en 2007, l'étanchéité de la toiture en 2016 ; en 2018, les chambres sont équipées de salles d'eau privatives et les cuisines communes sont agrandies.
Architecture
Deux ensembles forment le Pavillon suisse : un bloc principal de quatre étages et, posé directement sur le sol de la carrière, un bâtiment annexe d'un seul niveau. Le bloc principal, à structure métallique, repose sur six gros pilotis en béton armé qui plongent de dix-neuf mètres, jusqu'au fond de la carrière ; ils sont en béton brut de décoffrage. Chacun des trois étages courants contient quinze chambres, de « simples cellules-tiroirs » desservies par un couloir, ainsi que des cuisines communes ; sur le toit-terrasse, cinq chambres supplémentaires occupent la place prévue au départ pour un grand solarium et une salle de musique.
Chaque chambre fait 6 m de profondeur sur 2,80 m de façade, soit la largeur d'une travée de la structure, et met à la disposition de l'étudiant un lave-mains, des toilettes, une douche et deux placards. Elle est indépendante de l'ossature, à la manière d'une bouteille dans un casier, et des matériaux « tampons » (caoutchouc, molleton, bitume, sable) isolent de la structure métallique les cloisons montées à sec. Les façades, qui ne sont pas porteuses, sont libres : vitrées au sud, en briques recouvertes de pierre à l'est comme à l'ouest, et percées au nord de petites fenêtres carrées régulièrement espacées.
À l'opposé de cette masse rigide, la partie d'accueil forme une construction de plain-pied et de forme libre. Un mur de meulière dessine une courbe concave, et derrière lui prennent place le hall d'entrée, le bureau du directeur, le logement du concierge et la salle commune, où une peinture murale est exécutée en 1948. La tour d'escalier, autonome et concave, reçoit la lumière d'un mur de dalles de verre Nevada.
Le bâtiment applique les « cinq points d'une architecture nouvelle » que Le Corbusier avait énoncés en 1927 : les pilotis, le toit-terrasse lié au logement, le plan libre du rez-de-chaussée, les fenêtres en longueur et la façade libre en mur-rideau. Tous les éléments de l'ossature sont fabriqués en usine, acheminés, puis assemblés sur le terrain, alors que la Villa Savoye, de la même époque, relève d'une construction artisanale ; cette résidence d'étudiants préfigure déjà les principes de l'Unité d'habitation de l'après-guerre. Charlotte Perriand a conçu les chambres et plusieurs meubles : la table en marbre du salon et, avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret, les fauteuils grand confort et ceux à dossier basculant.
Usage
La Fondation suisse est une résidence de la Cité internationale universitaire de Paris et compte 46 logements. Ses chambres individuelles de 16 m² ont lavabo, douche, WC et réfrigérateur ; la maison dispose aussi d'une bibliothèque et d'un salon.
Elle offre un tremplin à la jeune création helvétique, accueille des concerts et des expositions d'artistes de toutes origines, et organise des conférences et des manifestations sur l'architecture du bâtiment et sur l'actualité de l'architecture et de l'urbanisme.
Visiter
La Fondation suisse est une résidence étudiante qui fonctionne toujours, dans le parc de la Cité internationale universitaire de Paris. Les visiteurs sont reçus de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h ; ils ne sont pas admis les 1er janvier, 14 juillet et 25 décembre.
Dans une chambre-témoin ouverte au public, on peut voir le mobilier d'origine, dessiné par Charlotte Perriand. Il est conseillé de prévoir une demi-heure de visite ; le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite.
Photos



48.82° N, 2.34° E
Sources (9)
- ciup.fr/maisons/fondation-suisse/
- ciup.fr/presentation-de-la-fondation-suisse/
- citescope.fr/lieux/fondation-suisse/
- sites-le-corbusier.org/oeuvres/fondation-suisse-pavillon-le-corbusier-paris/
- fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-pavillon-suisse-cite-internationa
- wikidata.org/wiki/Q646264
- openstreetmap.org/way/32530611
- sites-le-corbusier.org/en/oeuvres/fondation-suisse-pavillon-le-corbusier-paris/
- ciup.fr/en/discover-the-fondation-suisse/
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