Asile flottant de l'Armée du Salut (péniche Louise-Catherine)
Quai d'Austerlitz, Paris
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1929-1930
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Asile flottant aménagé dans un chaland en béton armé
- Accès
- En restauration (plan des sites de la Fondation Le Corbusier, 2024)
Un chaland de béton armé de 70 m de long est transformé par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, à la demande de l'Armée du Salut, en refuge pour 150 sans-abri parisiens. Surélevé pour gagner en capacité, en ventilation et en lumière naturelle, il reçoit un dortoir, un réfectoire, une cuisine et un toit-terrasse sur le pont. Classé monument historique au titre des objets en 2008, le bateau a coulé en 2018 et a été sorti de l'eau en 2020.
Histoire
À l'origine, ce que l'on appelle à tort une péniche est un chaland en béton armé sans poste de navigation, le Liège, construit pour convoyer du charbon de Rouen à Paris. L'Armée du Salut en fait faire l'aménagement par Le Corbusier et Pierre Jeanneret : c'est sa deuxième commande à leur agence, après le dortoir du Palais du peuple et avant la Cité de refuge. Il s'agit de transformer ce chaland de 70 m sur 8, abandonné depuis longtemps, en refuge pour 150 sans-abri de Paris. La mécène Winnaretta Singer, princesse de Polignac, finance en partie l'opération et impose Le Corbusier, qu'elle admire profondément. Une autre mécène, Madeleine Zillhardt, donne au bateau le nom de son amie la peintre Louise-Catherine Breslau. Le chantier dure de juillet 1929 à janvier 1930.
Amarré quai du Louvre, l'asile flottant, qui sert d'abri en hiver, part chaque été jusqu'en 1940 accueillir des colonies de vacances, au Pecq ou à Charenton-le-Pont. En 1940, il gagne le quai des Tuileries, puis le quai Saint-Bernard de 1950 à 1980, avant d'être amarré pour finir quai d'Austerlitz.
Malgré les aménagements apportés au fil des ans, le bateau finit par ne plus répondre aux normes d'accueil. Après un dernier essai, sans succès, pour en faire un logement pour femmes sans abri, l'Armée du Salut le met en vente en 2003 ; il est racheté en 2006. En décembre 2008, il est classé monument historique au titre des objets ; il coule en février 2018. En août 2020, il change de propriétaire, et en octobre, on le sort de l'eau.
Architecture
Le bateau est surélevé, ce qui accroît la capacité du bateau et fait entrer l'air et la lumière naturelle que recherche Le Corbusier. Le programme prévoit un dortoir de lits superposés, un réfectoire, une cuisine, des sanitaires, deux logements pour le personnel et un toit-terrasse sur le pont, destiné à recevoir bancs et jardinières, que l'architecte présente comme « un jardin suspendu sur le dessus de la péniche ».
À l'intérieur, deux rangées de poteaux de béton coulés dans des tuyaux d'Eternit faisaient office de pilotis et portaient le pont ; Le Corbusier voulait y mettre en pratique ses cinq points d'une architecture moderne. L'espace se divisait en trois zones : à l'arrière, un dortoir de 64 lits, pareil à celui de l'avant ; au centre, 21 lits, le réfectoire et les locaux techniques. Le personnel était logé aux deux extrémités.
Quai d'Austerlitz, Paris
Sources (5)
- fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-armee-du-salut-asile-flottant-pen
- fondationlecorbusier.fr/en/work-architecture/achievements-floating-refuge-louise-catherine
- fondationlecorbusier.fr/wp-content/uploads/2024/05/plan-des-sites-le-corbusier-fr-2024-flc
- pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM75004196
- dezeen.com/2018/02/16/le-corbusier-designed-barge-sinks-seine-paris-flooding-louise-cather