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🇨🇭Suisse·Vue de l'extérieur

Villa Schwob (Villa Turque)

La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel

Villa Schwob (Villa Turque), La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel
Photo : « CF05 » · Schwizgebel · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0, recadrée

Sources consultées en octobre 2026

« Un bloc carré sur ossature de béton armé, prolongé d'avancées en demi-cercle, où Le Corbusier essaie pour la première fois le toit plat et les tracés régulateurs. »
Année
1916-1917
Architecte
Le Corbusier
Type
Villa d'industriel horloger
Accès
Propriété privée, rachetée en 1986 par la société horlogère Ebel ; visible de l'extérieur

Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, construit cette villa de 1916 à 1917 à La Chaux-de-Fonds pour Anatole Schwob, propriétaire des montres Cyma. Sur la rue, la façade est presque aveugle ; côté jardin, une grande baie vitrée court du rez-de-chaussée au premier étage et éclaire le séjour à double hauteur. Rachetée par la société horlogère Ebel en 1986 et classée monument historique en 1995, elle est la dernière œuvre de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds avant son départ pour Paris.

Itinéraire
Pour approfondir ≈ 3 min de lecture

Histoire

C'est en juillet 1916 qu'Anatole Schwob, patron des montres Cyma, charge Charles-Édouard Jeanneret, qui ne s'appelle pas encore Le Corbusier, de lui bâtir une maison sur un terrain voisin du centre de La Chaux-de-Fonds. Les deux hommes se fréquentent depuis 1914 : cette année-là, Jeanneret a décoré un fumoir et un salon pour Schwob. Les études commencent à l'été 1916 et le chantier s'achève en septembre 1917. La demeure sert à la fois de domicile à la famille Schwob et de lieu de réception pour sa manufacture horlogère, Cyma.

Le budget prévu est dépassé, les rapports entre le client et l'architecte se tendent, ce qui réduit la part de Le Corbusier dans l'aménagement intérieur : il dessine malgré tout un divan-lit, un lustre pour le séjour, d'après le plan de la maison, et une niche peinte en haut de cette pièce.

Une première restauration, menée en 1957-1958 pour la famille Braunschweig par l'architecte milanais Angelo Mangiarotti, concerne les intérieurs. Ebel, société d'horlogerie, achète la villa en 1986, l'année de ses 75 ans, et lance en 1987-1988 une restauration d'ensemble : Pierre Studer dirige la remise en état de la structure et de l'enveloppe, tandis que l'aménagement intérieur revient à la designer française Andrée Putman. En 2011, Ebel commande une nouvelle rénovation, qui renoue avec le jeu continuel de la lumière et des ombres, par contraste avec la rénovation monochrome de 1986.

La villa est classée monument historique en 1995. Elle est la dernière réalisation de Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds avant qu'il ne s'installe à Paris.

Architecture

La maison occupe le haut d'une parcelle en pente, close de murs. Elle forme un bloc carré au centre, flanqué de chaque côté d'un avant-corps en demi-cercle. Un bâtiment de cuisine et une pergola se dressent de part et d'autre.

Le Corbusier applique ici le principe de la maison Dom-Ino : grâce à une ossature de dalles et de poteaux en béton armé, il peut recourir au plan libre et à la façade libre, notions qu'il théorisera ensuite dans les cinq points de l'architecture nouvelle. C'est aussi là qu'il essaie pour la première fois le toit plat et les tracés régulateurs en façade.

Des briques d'un jaune ocre couvrent en partie les façades, qui diffèrent selon qu'elles regardent la rue ou le jardin. Côté rue, presque aucune ouverture, hormis quatre œils-de-bœuf placés de part et d'autre d'un grand panneau nu. Côté jardin, la façade s'ouvre largement : une vaste baie vitrée occupe le centre et monte du rez-de-chaussée au premier étage, et l'étage supérieur, en retrait, libère un solarium et un jardin-terrasse que borde une corniche. Cet aspect extérieur et ce toit font contraste avec les maisons que l'on construit alors à La Chaux-de-Fonds ; les voisins la surnomment « Villa Turque ».

Trois niveaux s'élèvent au-dessus d'un sous-sol. Au rez-de-chaussée, le séjour à double hauteur reçoit la lumière de l'énorme baie ; le même niveau comprend aussi la bibliothèque, la salle à manger, la salle de jeux, un coin cheminée, le vestibule et l'office. Au premier, l'escalier débouche sur une galerie dominant le séjour, d'où l'on gagne les pièces de nuit ; le dernier niveau est consacré aux chambres du personnel.

Usage

La villa est connue depuis plus de trente ans comme la « Maison Ebel ».

Visiter

La villa est une propriété privée et se découvre de l'extérieur, rue du Doubs 167.

47.10° N, 6.82° E

Sources (6)

  1. ebel.com/us/fr/the-story/la-maison-ebel/
  2. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-villa-schwob-ou-villa-turque-la-c
  3. clourouge.patrimoinesuisse.ch/blog-detail?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcon
  4. openstreetmap.org/way/122638636
  5. wikidata.org/wiki/Q7930495
  6. fondationlecorbusier.fr/en/work-architecture/achievements-villa-schwob-maison-turque-la-ch