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Chapelle Notre-Dame-du-Haut

Ronchamp, Haute-Saône

Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp, Haute-Saône
Photo : « flickr:3648222132 » · John Lord · Flickr · CC BY 2.0, recadrée

Sources consultées en octobre 2026

« Une coque de béton qui paraît flotter au-dessus d'une fine bande de jour, et des vitrages que Le Corbusier a peints lui-même. »
Année
1955
Architecte
Le Corbusier
Type
Chapelle de pèlerinage catholique
Accès
Ouvert au public, entrée payante, de 10 h à 17 h en hiver (site officiel, octobre 2026)

Sur la colline de Bourlémont, Le Corbusier a reconstruit, avec les pierres de l'ancienne chapelle détruite par les bombardements de 1944, une chapelle de pèlerinage inaugurée en 1955. Le mur sud, épais de trois mètres, est percé d'ouvertures de tailles différentes, et la lumière blanche ou colorée qui le traverse tombe sur l'autel ; l'espace s'ouvre en entonnoir vers le chœur. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016, elle reste un lieu de culte catholique ; la porterie et le monastère voisins sont de Renzo Piano.

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Itinéraire
Pour approfondir ≈ 6 min de lecture

Histoire

Un sanctuaire dédié à la Vierge Marie couronne la colline de Bourlémont depuis le Moyen Âge : la première mention d'une église consacrée à Marie y figure dans un document juridique de 1092. Vendue comme bien national en 1789, la chapelle est rachetée en 1799 par quarante familles de Ronchamp, et le sommet de la colline est resté un site privé depuis. Les Allemands s'étant retranchés sur la hauteur, la chapelle subit un bombardement en 1944, pendant les combats de la Libération.

L'édifice détruit était en grande partie une église des XIXe et XXe siècles. Les propriétaires consultent le diocèse de Besançon, dont la Commission d'art sacré a fait bâtir de nombreuses églises modernes en Franche-Comté ; elle retient l'idée de deux de ses membres : s'adresser à Le Corbusier. Lui, qui n'est pas croyant, refuse d'abord de travailler pour l'Église, qu'il appelle une « institution morte ». Il vient à Ronchamp en 1950 et est frappé par la vue sur les paysages, qu'il nomme les « quatre horizons ». Les plans sont approuvés en 1951 et le chantier commence à la fin de 1953, sans eau courante, sans route carrossable et avec un seul générateur : le béton est gâché sur place et transporté dans des seaux, avec de l'eau de pluie recueillie sur la colline. La chapelle est constituée de pierres de l'ancienne chapelle, de ciment et d'acier. « Le grand art vit de moyens pauvres », dit Le Corbusier. André Maisonnier, jeune architecte détaché de l'agence, dirige le chantier ; l'inauguration a lieu le 25 juin 1955.

Le site s'est complété sans lui. En 1965, Le Corbusier donne son accord pour dessiner un campanile, puis meurt quelques semaines plus tard ; en 1975, le chapelain fait bâtir celui que dessine Jean Prouvé. Renzo Piano construit la porterie d'accueil (2009-2011) et le monastère Sainte-Claire, pour les sœurs clarisses venues de Besançon ; Michel Corajoud, associé à son studio, conçoit le remodelage du paysage. La chapelle est classée monument historique en 1967 et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO le 17 juillet 2016, avec seize autres sites de Le Corbusier. Des travaux de restauration ont eu lieu de 2022 à 2025 : façades, tour, verrières et intérieurs.

Architecture

Le Corbusier conçoit la chapelle à partir de quatre façades, chacune tournée vers un point cardinal : les parois concaves du sud et de l'est s'ouvrent au monde et dialoguent avec les montagnes environnantes, tandis que celles du nord et de l'ouest se referment. Le plan, dissymétrique, est celui d'une seule salle sans collatéraux ni transept, orientée à l'est : il rompt avec la croix. Trois tours sont des chapelles latérales, et le mur est porte un chœur extérieur pour les messes de pèlerinage. Il compose avec l'horizon, et a expliqué que l'idée de la forme lui était venue d'une carapace de crabe trouvée sur une plage.

Quinze piliers de béton armé, insérés dans les murs, portent le toit. Les murs-enveloppe sont faits des pierres de l'ancienne chapelle, recouvertes de crépi et blanchies à la chaux ; seul le grand mur sud est une structure creuse, couverte de métal déployé puis de crépi. La coque du toit, deux voiles de béton armé de 6 cm distants de 2,26 m (Modulor) et tenus par sept murs de refend, se rattache aux piliers par de discrètes rotules métalliques ; un vide la sépare des murs, et, vue de l'intérieur, elle paraît flotter au-dessus d'une fine bande de jour.

À l'intérieur, l'espace s'ouvre en entonnoir en direction du chœur : le sol s'abaisse, la voûte s'élève et les murs s'écartent vers l'autel. Trois chapelles secondaires le morcellent ; deux sont baignées d'une lumière douce venue d'un puits de lumière qui a la forme d'une tour, et l'une des trois, peinte en rouge, flamboie quand le matin l'éclaire. Le maître-autel reçoit par la façade sud une lumière blanche ou colorée : le mur, épais de trois mètres, est percé d'ouvertures de tailles différentes, et Le Corbusier a peint lui-même les vitrages (peinture à froid, grisaille, vitrail), dans une gamme de couleurs que partagent les loggias de ses unités d'habitation et ses tableaux des années 1950. Il a dessiné tout le mobilier ; les bancs, la croix et les confessionnaux, en iroko, ont été façonnés par l'ébéniste breton Joseph Savina.

Autour, Le Corbusier a bâti en 1953 l'abri du pèlerin ainsi que la maison du chapelain, puis la pyramide de la Paix, monument aux morts élevé avec les pierres restantes ; à la fin du chantier, Maisonnier a construit un bassin qui recueille l'eau du toit. Le campanile d'acier de Jean Prouvé suit les proportions du Modulor ; la porterie et le monastère de Renzo Piano, enterrés dans le flanc de la colline, restent invisibles depuis la chapelle.

Usage

C'est un lieu de culte catholique, un sanctuaire dédié à la Vierge Marie et propriété de l'association Œuvre Notre-Dame du Haut. Chaque jour, des offices sont célébrés soit à la chapelle, soit à l'oratoire du monastère, et l'eucharistie y est assurée de Pâques à la Toussaint ; en hiver, la messe se dit à l'oratoire, quand la chapelle est trop froide. Deux pèlerinages mariaux restent le cœur de l'activité religieuse, l'un le 15 août, l'autre le 8 septembre.

Les sœurs clarisses, installées sur la colline depuis 2009, proposent un accueil spirituel. Depuis 2017, une rencontre interreligieuse annuelle, ouverte aussi aux non-croyants, s'y tient. La porterie accueille des expositions, des conférences et des ateliers.

Visiter

La colline est un site privé : l'entrée est payante, et le billet, valable une journée, ouvre la chapelle, l'abri du pèlerin, l'oratoire du monastère Sainte-Claire et le parc, avec le campanile et la pyramide. L'entrée est gratuite avant 8 ans. Le site ouvre de 10 h à 17 h ou à 18 h selon la saison, avec un dernier accès 30 minutes avant la fermeture ; le site ferme le 25 décembre et le 1er janvier. Comptez 1 h 30 en visite guidée, 1 h à 2 h en visite libre.

Photographier l'intérieur est interdit sans autorisation spécifique ; à l'extérieur, la prise de vue reste dans le cadre privé, et filmer ou utiliser un drone demande une autorisation. Les animaux sont interdits. Shorts, robes et jupes courts ne sont pas admis, et il faut se couvrir les épaules avant d'entrer dans la chapelle ou l'oratoire. Les offices sont accessibles sans billet, à condition de se présenter à l'accueil au moins 15 minutes avant ; la visite est déconseillée pendant l'office du dimanche, de 11 h à 12 h, et l'oratoire est fermé aux visiteurs pendant les offices.

L'adresse est 13 rue de la Chapelle, 70250 Ronchamp. Depuis la gare TER de Ronchamp, 20 minutes de marche mènent au sommet ; le chemin de croix, escarpé, demande une bonne condition physique et des chaussures adaptées. Un parking gratuit, non surveillé, est à disposition. Les personnes en situation de handicap peuvent aller en voiture jusqu'aux points de visite, selon les consignes données à la porterie lors de l'achat du billet.

47.70° N, 6.62° E

Sources (17)

  1. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/preparer-la-visite/informations-pratiques/
  2. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/preparer-la-visite/foire-aux-questions/
  3. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/la-chapelle-de-notre-dame-du-hau
  4. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/
  5. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/le-campanile-de-jean-prouve/
  6. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/la-porterie/
  7. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/le-monastere-sainte-claire/
  8. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/les-maisons-de-le-corbusier/
  9. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/les-batiments/pyramide-de-la-paix/
  10. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/spiritualite/la-vie-religieuse-de-la-colline/
  11. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/decouvrir/spiritualite/une-colline-inter-religieuse/
  12. chapelle-lecorbusier-ronchamp.com/unesco/
  13. sites-le-corbusier.org/oeuvres/chapelle-notre-dame-du-haut-ronchamp/
  14. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-chapelle-notre-dame-du-haut-ronch
  15. pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00102263
  16. wikidata.org/wiki/Q638250
  17. openstreetmap.org/way/34915920
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