Villa Jeanneret-Perret (Maison Blanche)
La Chaux-de-Fonds

Sources consultées en octobre 2026
- Année
- 1912
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Maison familiale devenue centre culturel
- Accès
- Ouverte au public de 10 h à 17 h : du vendredi au dimanche d'octobre à mai, du vendredi au lundi de juin à septembre (site officiel, octobre 2026)
En 1912, dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, construit pour ses parents une maison sur la colline de Pouillerel, en lisière de forêt, au-dessus de la ville et ouverte sur les crêtes du Jura. Ses murs extérieurs et quatre piliers centraux la portent, et elle se prolonge par une « chambre d'été » en terrasse et un jardin en terrasses. L'Association Maison blanche la rachète en 2000, la restaure en 2004-2005 et la fait visiter.
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Histoire
Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, est né à La Chaux-de-Fonds en 1887. Il y ouvre son propre bureau d'architecte en 1912, après des stages chez les frères Perret à Paris et chez Peter Behrens à Berlin, puis le Voyage d'Orient de 1911. La maison est sa première réalisation en tant qu'architecte indépendant, et ses parents, Georges et Marie-Amélie Jeanneret-Perret, en sont les commanditaires : en septembre 1911, la mère écrit à son fils vouloir « une petite bicoque où nous serons seuls ». Le chantier dure six mois, d'avril à novembre 1912, sur la colline de Pouillerel. Jeanneret y abandonne le « style sapin » et développe des concepts qu'il mettra en théorie quelques années plus tard, avec les cinq points d'une architecture nouvelle. Par son caractère néo-classique, la maison rompt avec l'Art nouveau régional.
La famille quitte la maison en 1919 et la met en vente. Plusieurs propriétaires s'y succèdent : la couverture en fibrociment est remplacée par de la tuile, posée dans les années 1940 et conservée jusqu'en 2004, et le jardin, avec sa chambre d'été, subit de profonds remaniements. La maison est classée monument historique par le canton en 1979 ; en 1994, l'enveloppe du bâtiment est restaurée et la Confédération la reconnaît d'intérêt national.
L'Association Maison blanche est créée le 31 janvier 2000, avec pour but d'ouvrir au public un édifice représentatif des premiers travaux de Jeanneret, et rachète la maison le 7 juillet 2000. L'architecte Pierre Minder, désigné en juin 2001 après un concours sur invitation, conduit l'étude et la restauration, de 2004 à l'automne 2005, afin de redonner à la maison et au jardin leur état d'origine. Jeanneret avait dessiné et commandé chez Ibach le piano de sa mère : l'association le retrouve et le rachète. Depuis 2019, la maison est une étape de l'Itinéraire culturel européen « Destinations Le Corbusier : promenades architecturales » du Conseil de l'Europe.
Architecture
Posée sur un terrain en pente avec vue sur La Chaux-de-Fonds, la maison est un cube compact, avec un décrochement pour l'entrée et les escaliers. Elle est portée par ses murs extérieurs et quatre piliers centraux, qui annoncent le plan libre et les pilotis : le reste n'est que cloisons légères, que l'on peut déplacer sans frais importants. Elle compte deux niveaux, un attique et des combles, au-dessus d'un sous-sol où se trouvait l'atelier du père. Un enduit et un badigeon à la chaux recouvrent les façades ; la toiture était en Eternit, un fibrociment alors récent, et des rangées horizontales de fenêtres annoncent la fenêtre en longueur. Le plan, les matériaux et les techniques (poutres d'acier sur piliers de brique, fibrociment) la mettent en rupture avec les villas de son temps.
Au rez-de-chaussée, l'ouverture des vantaux vitrés placés entre les piliers centraux définit un espace d'un seul tenant de 3 sur 14 mètres, que l'on appelle « le transept de la cathédrale » ; le salon de musique s'organise autour des quatre piliers, et le piano de la mère semble commander le croisement des axes. L'axe s'achève sur une avancée en demi-cercle qui ouvre sur la chambre d'été. Les murs sont peints en blanc en 1912, sauf le vestibule, la bibliothèque et le petit salon, revêtus de jute ; le salon reçoit un papier peint à motif floral, réimprimé en 2005 d'après des fragments retrouvés. Les sols sont couverts de linoléums de couleurs, avec des carreaux bleus et blancs dans les couloirs, la cuisine et les salles d'eau ; la cheminée en céramique est d'origine. Jeanneret a aussi beaucoup travaillé les polychromies, le papier peint et le mobilier.
À l'étage, l'escalier de bois a retrouvé son bleu d'origine. L'atelier que Jeanneret s'y réserve est éclairé par une verrière, et son plafond surélevé et son panneau de verre sont d'origine. La chambre à coucher aligne des fenêtres séparées par des colonnes de béton armé moulées sur place. La loggia s'ouvre à l'ouest sur la chambre d'été ; ses fenêtres non doublées étaient, à l'origine, démontables. Dans les combles, un réservoir doublé de zinc recevait l'eau de pluie de la citerne, d'où elle gagnait les conduites par gravité.
On accède à la maison par le nord, au bout d'un cheminement à angles droits : le jardin inférieur de type alpin, un portique, enfin un escalier à ciel ouvert mènent à la chambre d'été, jardin supérieur clos sur trois côtés. Son pavillon d'angle, son claustra, sa pergola bleu outremer et son pavement de briques rouges suggèrent la Méditerranée plutôt que le Jura ; elle prolonge, à l'extérieur, le tracé de l'espace intérieur, et la montagne s'y offre en vue panoramique. En contrebas, terrasses et murets structurent la pente, et le jardin annonce la promenade architecturale. Sur la porte d'entrée, en Eternit, un lézard en fer battu, venu de l'Art nouveau régional, côtoie un hublot mécanique qui annonce les futures œuvres « machinistes ». Les remaniements des années 1950 avaient transformé le jardin ; son aspect premier a été restitué d'après des sondages, des vestiges dégagés et des photographies anciennes.
Usage
L'Association Maison blanche, propriétaire et gestionnaire de la villa, la fait vivre comme centre culturel ouvert au public. Des meubles acquis par l'association ont été réintroduits dans leur disposition originelle, dont le piano de Marie-Amélie Jeanneret-Perret, la mère de Le Corbusier. L'association y organise régulièrement des événements, des colloques et des concerts.
Visiter
Les visiteurs individuels sont accueillis de 10 h à 17 h, sans réservation : le vendredi, le samedi et le dimanche d'octobre à mai, et aussi le lundi de juin à septembre ; la maison ouvre aussi le lundi de Pâques, le jeudi de l'Ascension et le lundi de Pentecôte. Les horaires peuvent changer. Des bénévoles reçoivent les visiteurs, qui parcourent la maison à leur rythme avec une brochure prêtée. L'entrée est gratuite jusqu'à 16 ans.
Les groupes et les visites commentées se font sur réservation : une heure environ, 15 personnes au plus par guide, en français, allemand, anglais, italien, espagnol ou japonais.
La villa se trouve au chemin de Pouillerel 12 ; on se gare en contrebas, avec un disque de zone bleue obligatoire. Classée, la maison ne peut offrir une accessibilité totale. Les animaux ne sont pas admis.
Photos



47.11° N, 6.82° E
Sources (17)
- maisonblanche.ch/visiter/
- maisonblanche.ch/
- maisonblanche.ch/contact/
- maisonblanche.ch/la-maison/historique/
- maisonblanche.ch/la-maison/une-maison-cle/
- maisonblanche.ch/la-maison/restauration/
- maisonblanche.ch/la-maison/le-rez-de-chaussee/
- maisonblanche.ch/la-maison/letage/
- maisonblanche.ch/la-maison/les-combles/
- maisonblanche.ch/la-maison/la-chambre-dete/
- maisonblanche.ch/la-maison/le-jardin/
- maisonblanche.ch/le-corbusier/
- fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-villa-jeanneret-perret-la-chaux-d
- sites-le-corbusier.org/oeuvres/villa-jeanneret-perret-dite-maison-blanche-la-chaux-de-fond
- openstreetmap.org/way/45193841
- wikidata.org/wiki/Q3277871
- fondationlecorbusier.fr/en/work-architecture/achievements-villa-jeanneret-perret-or-maison
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