Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar)
Bruxelles
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1923-1929
- Architecte
- Victor Horta
- Type
- Centre d'art (expositions, concerts, cinéma ; monument classé)
- Accès
- Ouvert au public (site officiel, novembre 2026)
Victor Horta, choisi en 1919 par le ministre des Travaux publics, a conçu ce centre d'art sur la colline du Coudenberg, à Bruxelles ; une association fondée en 1922 à l'initiative du bourgmestre Adolphe Max et du banquier Henry Le Bœuf l'a fait construire de 1923 à 1929. Sur trois niveaux qui donnent chacun sur une rue, il réunit des salles d'exposition, une grande salle de concerts et l'ancienne salle de sculpture, aujourd'hui Hall Horta. Classé depuis 1977, il abrite Bozar et se visite.
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Histoire
Dès 1913, le couple royal, Albert Ier et Élisabeth, fait savoir au bourgmestre de Bruxelles, Adolphe Max, qu'il voudrait voir s'élever « un temple dédié à la Musique et aux Arts plastiques ». L'architecte de la Ville, François Malfait, remet en juillet 1914 un plan à façades de style XVIIIe siècle ; le projet est abandonné quand la guerre éclate.
La paix revenue, c'est Victor Horta que retient en 1919 Édouard Anseele, ministre des Travaux publics. Entre 1919 et 1922, Horta dessine cinq versions de son plan. Faute d'argent, le Sénat écarte son projet en 1920. C'est en 1922 que, sous l'impulsion d'Adolphe Max et du banquier Henry Le Bœuf, naît une association sans but lucratif, la Société du Palais des Beaux-Arts, chargée d'édifier puis d'exploiter le Palais avec l'État et la Ville : celle-ci fournit le terrain, celui-là émet l'emprunt. Max en préside le conseil d'administration, Le Bœuf en est l'administrateur délégué. Ce dernier s'investit dans la conception dès novembre 1921, et les plans définitifs sont achevés en août 1922.
Le chantier, mené par l'entrepreneur Armand Blaton, commence en février 1923. Le sol sablonneux et gorgé d'eau, la masse de terre à déblayer, des égouts annoncés à tort comme désaffectés, le risque d'effondrement des constructions voisines, des grèves et des finances fragiles retardent les travaux. Le 4 mai 1928, le public accède aux salles d'exposition et à la salle de musique de chambre ; la grande salle de concerts n'est inaugurée que le 19 octobre 1929.
D'autres architectes transforment ensuite plusieurs salles. De 1962 à 1967, C. Brodzki et C. Hannoset réaménagent entièrement la salle de l'Art décoratif pour y installer le Musée du cinéma. De 1969 à 1971, Lucien Baucher fait de la salle de sculpture un hall d'animation doté d'un podium métallique démontable ; elle retrouve sa forme d'origine en 1995-1996, à l'occasion d'Europalia Horta. La grande salle de concerts est réaménagée en 1976 par E. de Felici et R. Delers, et la salle de musique de chambre radicalement transformée en 1987-1988 par le bureau de H. Gilson.
En 1967, un incendie qui touche la grande salle conduit à remplacer par une scène de béton la scène de bois, que Horta avait conçue comme caisse de résonance ; des restaurations menées des années 1990 à 2017 suppriment la scène de béton et remplacent la moquette par un parquet de bois. L'incendie de 1967 endommage aussi l'orgue, achevé en 1930, qui reste muet jusqu'à sa reconstruction, terminée en 2017. En janvier 2021, un incendie endommage une partie de la toiture. En 2025, l'artiste Michel François, l'agence d'architecture Giusto Van Campenhout et la designer Flore Fockedey réaménagent le Hall Horta. Le Palais est classé depuis le 19 avril 1977.
Architecture
Horta délaisse ici la ligne courbe de l'Art nouveau pour un répertoire plutôt géométrique. Le terrain, sur la colline du Coudenberg, impose deux servitudes. La première interdit de boucher la perspective qu'offrait le Palais royal sur la ville basse : l'édifice est donc abaissé et s'enfonce davantage dans le sol. La seconde réclame des magasins le long de la rue Ravenstein, seize en échange de la parcelle cédée par la Ville. La forme du terrain et la limite de hauteur n'ont permis ni plan symétrique ni façade monumentale, et Horta récuse lui-même le mot « palais » pour un édifice dont la façade principale abrite des boutiques.
Le complexe s'étage sur trois niveaux, chacun ouvert sur une rue. Le niveau bas, enterré pour l'essentiel, a son entrée de service rue Terarken. L'entrée principale et son vestibule sont au niveau intermédiaire, rue Ravenstein, d'où l'on rejoint la salle de concerts et la salle de sculpture. Le niveau supérieur s'ouvre rue Royale. L'ossature de béton armé, à remplissage de briques, repose sur des pieux de béton reliés par un réseau de semelles et porte des charpentes vitrées en acier.
La salle de sculpture, devenue le Hall Horta, est un hall de 700 m² à cinq vaisseaux et deux niveaux, pavé de marbre et couvert d'une voûte vitrée à charpente de béton. Un escalier de marbre rouge le relie aux salles d'exposition du niveau supérieur : seize salles, en partie groupées autour des vides du hall et de la grande salle de concerts, qui communiquent entre elles et que des portes coulissantes permettent de fermer. Leur plafond de verre autorise un éclairage zénithal, que l'on remplace aujourd'hui souvent par de la lumière artificielle, prévue dès l'origine pour les nocturnes.
La grande salle de concerts, de forme ovoïde, occupe toute la hauteur de la moitié sud du bâtiment, ceinte de plans inclinés. Horta en a dessiné seul le plan, qui devait pourtant satisfaire plusieurs attentes : le violoniste Eugène Ysaÿe voulait que les interprètes se sentent entourés par le public, et Henry Le Bœuf a longuement correspondu avec l'architecte sur l'acoustique, l'éclairage et le confort des sièges. La charpente, d'abord prévue en acier, est remplacée en cours de chantier par une structure de béton, sur le conseil de l'entrepreneur Blaton ; ce béton armé, peu coûteux et livrable rapidement, a conduit Horta à la forme d'œuf. Le plafond voûté, à trois renfoncements successifs, repose sur deux rangées de cinq poutres posées en travers, portées par des colonnes, avec une partie centrale vitrée et ajourée. Horta renoue avec une tradition ancienne en plaçant la loge royale dans l'axe de la salle ; le Salon royal, au marbre lustré et au vitrail rouge vif, s'ouvre sur elle. Face à la loge, Horta voulait inscrire l'orgue dans l'ovale de la salle ; l'instrument construit par Joseph Stevens, facteur d'orgues à Duffel, s'écartait sensiblement de ce souhait. Le buffet de l'orgue s'inspire d'un dessin de Horta.
La façade coudée, en pierre bleue de grand appareil, a une rotonde d'angle au centre et, à l'extrémité droite, une tour d'angle carrée qui abrite l'Entrée du Roi. Son décor est géométrique, dans des schémas symétriques, avec des verres marbrés et des vitraux. Côté rue Terarken, la façade de briques et de pierre bleue s'accorde avec l'hôtel de Ravenstein d'en face. À l'intérieur, les murs sont lisses et stuqués, les boiseries uniformes, les sols de marbre ou de parquet à chevrons ; les couleurs d'origine se sont perdues sous les rafraîchissements successifs. Une rotonde monumentale, conçue d'abord comme salon de thé, est rythmée de colonnes, d'escaliers courbes de part et d'autre de l'entrée, d'un plafond imposant et d'un lustre.
Usage
Bozar, qui occupe le Palais, y réunit arts visuels, musique, cinéma, performances et débats d'idées. Les expositions investissent les salles du niveau supérieur. La grande salle de concerts, nommée salle Henry Le Bœuf, accueille des concerts et la finale du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique. Le Hall Horta fait office de place publique du Palais : réceptions, salons, banquets, vernissages, performances et concerts s'y succèdent, et il abrite un café depuis son réaménagement de 2025.
Visiter
Les expositions ouvrent du mardi au dimanche ; concerts, films et débats ont chacun leur horaire. Le Hall Horta, au rez-de-chaussée, est en accès libre.
Le terrain à fort dénivelé et les nombreuses cages d'escalier peuvent gêner l'accès de certaines parties du bâtiment aux personnes à mobilité réduite : Bozar demande d'annoncer sa venue à l'avance, ou de se présenter dès l'arrivée à la billetterie ou au stand d'information du vestibule.
Le Palais est au 23, rue Ravenstein, à cinq minutes à pied de la gare Centrale ; les stations de métro voisines sont Gare Centrale et Parc.
50.84° N, 4.36° E
Sources (42)
- monument.heritage.brussels/fr/Bruxelles_Pentagone/Rue_Ravenstein/5/30454
- monument.heritage.brussels/nl/buildings/30454
- bozar.be/fr/lhistoire
- bozar.be/en/history
- bozar.be/fr/lhistoire-du-site
- bozar.be/fr/le-second-palais-une-idee-royale
- bozar.be/en/second-palace-regal-idea
- bozar.be/fr/la-naissance
- bozar.be/en/beginnings
- bozar.be/fr/les-plans
- bozar.be/en/architectural-plans
- bozar.be/fr/la-construction
- bozar.be/en/construction
- bozar.be/fr/loeuvre-architecturale
- bozar.be/en/architectural-jewel
- bozar.be/fr/quatre-facettes-de-larchitecture
- bozar.be/en/four-aspects-architecture
- bozar.be/fr/le-palais
- bozar.be/en/building
- bozar.be/fr/la-salle-henry-le-boeuf
- bozar.be/en/henry-le-boeuf-hall
- bozar.be/fr/le-hall-horta-et-les-salles-dexposition
- bozar.be/en/horta-hall-and-exhibition-halls
- bozar.be/fr/le-salon-royal
- bozar.be/en/royal-salon-0
- bozar.be/fr/lorgue
- bozar.be/en/organ
- bozar.be/fr/regardez-lisez-ecoutez/performances-occupation-compta-et-salon-de-la-coiffure
- bozar.be/fr/regardez-lisez-ecoutez/rencontrez-vous-autour-dun-cafe-dans-notre-hall-horta-r
- bozar.be/fr/hall-horta
- bozar.be/en/horta-hall
- bozar.be/fr/horta-bozar-cafe-victor
- bozar.be/fr/propos-de-bozar
- bozar.be/en/about-bozar
- bozar.be/fr/heures-douverture
- bozar.be/en/opening-hours
- bozar.be/fr/acces
- bozar.be/en/access
- bozar.be/fr/accessibilite
- bozar.be/en/accessibility
- openstreetmap.org/relation/3299877
- wikidata.org/wiki/Q2285837
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