Hôtel Solvay
Bruxelles (avenue Louise)

Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1894-1903
- Architecte
- Victor Horta
- Type
- Hôtel particulier (Art nouveau, patrimoine mondial de l'UNESCO)
- Accès
- Ouvert au public, billets en ligne (site officiel, novembre 2026)
À partir de 1894, Victor Horta conçoit cet hôtel particulier de l'avenue Louise pour Armand Solvay, fils d'Ernest, et pour son épouse, Fanny Hunter. L'intérieur associe une ossature métallique laissée apparente, au moins vingt-trois marbres différents et des lustres dessinés par l'architecte. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000, l'hôtel se visite aujourd'hui.
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Histoire
En 1894, Armand Solvay, fils de l'industriel Ernest Solvay, charge Victor Horta de bâtir la maison qu'il destine à sa famille, avenue Louise. Horta dispose d'un budget quasi illimité et s'entend remarquablement avec son commanditaire. Le permis de bâtir est déposé en juillet 1895 ; le gros œuvre est achevé en 1898. Horta consacre encore plusieurs années à la décoration intérieure, et les derniers détails du mobilier sont arrêtés en 1903.
La maison subit ensuite des destructions partielles, suivies de restaurations. En novembre 1944, un V1 tombé rue de l'Ermitage emporte dans son souffle la verrière du bel étage ; les maîtres-verriers Timmermans la refont en 1982, sous la direction du professeur Georges Gyömörey. À la fin des années 1950, les couturiers Louis et Berthe Wittamer-De Camps, de la maison Valens, rachètent l'hôtel pour y installer leurs ateliers et y montrer leurs collections ; ils le sauvent d'une démolition certaine, et le rez-de-chaussée est démonté pour faire place à deux vitrines. Quand les ateliers partent, en 1976, les Wittamer s'emploient à rendre à la maison son état d'origine et à la conserver ; en 1983, elle devient une demeure privée que l'on peut visiter, avec un guide, sur demande. À partir de 1988, l'architecte Jos Vandenbreeden a conduit plusieurs restaurations : reconstitution du rez-de-chaussée, retour aux couleurs d'origine de la façade avant, restauration de la façade arrière.
L'hôtel est classé comme monument ; le jardin et les anciennes écuries le sont en totalité par un arrêté du gouvernement du 22 avril 1999. Il est inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, comme d'autres œuvres bruxelloises de Horta. En 2021, son statut de musée est reconnu et une plateforme destinée aux visiteurs individuels est lancée. Un grand chantier de restauration suit de 2022 à 2024 : la façade en janvier 2022, la toiture et les verrières à partir de juin 2023 ; la façade restaurée est dévoilée en octobre 2024.
Architecture
Large de 15 m sur l'avenue, la parcelle traverse l'îlot jusqu'à la rue Lens. Derrière le jardin, au 27 de cette rue, le bâtiment des anciennes écuries, avec ses remises et un logement, a été dessiné en 1899 par Constant Bosmans et Henri Vandeveld.
La façade sur l'avenue, en pierre bleue et pierre blanche, compte quatre niveaux ; les étages se divisent en trois travées. Le rez-de-chaussée, assez bas et en pierre bleue, forme un socle légèrement incurvé qui prolonge le trottoir. À gauche, la porte cochère s'abrite sous la saillie de l'oriel des étages ; au centre, une triple fenêtre est flanquée de deux petites ; à droite, une large fenêtre à double meneau métallique répond à la porte. Aux étages, la façade se creuse en son centre : les travées latérales des niveaux médians sont traitées en oriel, chacun servant d'assise à une terrasse, et une vaste terrasse relie les deux oriels du premier étage. Les garde-corps en fer forgé rivetés dessinent des végétaux stylisés en courbes et contre-courbes ; leur couleur d'origine a été restituée en 1988-1989. D'un dessin assez sobre au regard de la profusion du décor intérieur, cette façade n'est pas une composition indépendante : elle traduit côté rue l'organisation de la maison. La façade arrière, sobre et rationnelle, est en briques et pierre bleue, avec un peu de pierre blanche.
Au rez-de-chaussée se trouvent l'accueil (passage cocher, hall d'entrée, vestiaire, parloir) et le service (cuisine, office). Du hall part l'escalier d'apparat à double volée, sous la grande verrière colorée et le plafond en mosaïque ; en 2005-2006, La lecture dans le parc, grande œuvre pointilliste peinte en 1902 par Théo Van Rysselberghe, en complétait la mise en scène. Le bel étage est réservé aux réceptions : trois pièces se suivent en enfilade sur la rue (salle de billard, salon, salon de musique) ; la salle à manger et l'office donnent sur le jardin. Des cloisons vitrées, qui s'ouvrent entièrement, peuvent mettre toutes ces pièces en communication. Au-dessus du bel étage, un escalier plus privé poursuit la montée ; le niveau suivant s'organise autour d'un palier traité en jardin d'hiver, qui dessert sur la rue les bureaux de M. et Mme Solvay et leur chambre, et à l'arrière un cabinet de toilette et la salle d'étude et de jeu des enfants. L'unique salle de bain de l'hôtel est à l'entresol. Plus haut viennent les chambres des enfants et de la gouvernante, puis cinq chambres du personnel.
Une grande partie de la structure repose sur un réseau d'armatures métalliques : poutrelles, colonnes et piliers, loin d'être cachés par le décor, en font partie, et les plafonds laissent voir les voussettes qui les composent. La charpente métallique du toit, en partie vitré, permet deux puits de lumière : l'un éclaire la première portion de l'escalier, du rez-de-chaussée au bel étage, l'autre prend le relais à partir du bel étage. De grandes ouvertures sur la rue, à l'ouest, et à l'arrière, à l'est, complètent cet éclairage naturel, que renforce un éclairage électrique d'origine, avec des lustres de la main de Horta dont certains comptent plusieurs dizaines d'ampoules.
Horta y met aussi au point une climatisation naturelle : la maison est aérée en permanence par un tirage d'air modulable, et le chauffage combine un hypocauste sous l'escalier, alimenté par un appel d'air côté jardin, et des radiateurs à vapeur reliés à une grille d'aération en façade. On a répertorié dans l'intérieur au moins 23 marbres différents, venus pour la plupart d'Italie ou d'Afrique du Nord, ainsi que dix-sept essences de bois, congolaises pour la plupart. Les couleurs reposent pour la plupart sur des verts et des orange, aux tons complémentaires, et les lignes, sculptées ou peintes, stylisent des végétaux en courbes et contre-courbes.
Usage
L'hôtel est aujourd'hui un musée. Il peut aussi être privatisé pour un dîner ou un événement d'entreprise ou de famille.
Visiter
Les billets se prennent en ligne. La visite autonome, sans guide, dure 40 minutes et parcourt le rez-de-chaussée, puis, au bel étage, la salle à manger et les salons. La visite guidée en groupe, avec un historien, dure 60 minutes et monte jusqu'au troisième étage : elle montre aussi les appartements privés, dont la chambre d'Armand et Fanny Solvay, leurs deux bureaux et la salle de bain. Un groupe peut demander une visite guidée privée en contactant l'hôtel. Les enfants de moins de 10 ans ne sont pas admis.
L'hôtel est au 224, avenue Louise, à Bruxelles.
Photos




50.83° N, 4.37° E
Sources (13)
- monument.heritage.brussels/fr/Bruxelles_Extension_Sud/Avenue_Louise/224/15997
- monument.heritage.brussels/nl/buildings/15997
- hotelsolvay.be/
- hotelsolvay.be/pages/histoire
- hotelsolvay.be/pages/visite-individuelle
- hotelsolvay.be/pages/visite-guidee
- hotelsolvay.be/pages/visite-guidee-privee
- hotelsolvay.be/pages/visit-hotel-solvay
- hotelsolvay.be/pages/contact
- hotelsolvay.be/en
- hotelsolvay.be/en/pages/visite-individuelle
- hotelsolvay.be/en/pages/visite-guidee
- hotelsolvay.be/nl
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