Pavillon de l'Esprit Nouveau
Paris (8e arrondissement)
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1924-1925
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Pavillon d'exposition (disparu)
- Accès
- Disparu : détruit entre avril et mai 1926 ; une réplique existe à Bologne
Pour l'exposition parisienne de 1925 consacrée aux arts décoratifs et industriels modernes, Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret élèvent un pavillon sur un terrain boisé, derrière le Grand Palais. Doté d'une terrasse intérieure, le bâtiment réunit une cellule d'habitation en L et un diorama consacré aux projets de réforme urbaine et de maison bon marché de Le Corbusier. Détruit entre avril et mai 1926, il a fait l'objet d'une réplique à Bologne en 1977.
Histoire
L'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes se tient à Paris du 28 avril au 30 novembre 1925 ; chaque pays y présente, dans des pavillons éphémères, ses réalisations les plus emblématiques en art décoratif. Deux courants s'y opposent, l'Art déco et le modernisme. Le Corbusier et Pierre Jeanneret obtiennent un terrain derrière le Grand Palais ; ils mettent au point leur projet définitif en février 1925. Le pavillon doit son nom à la revue que Le Corbusier avait fondée avec le peintre Amédée Ozenfant.
Choqués par un parti jugé trop moderniste, les organisateurs font élever une clôture qui masque en partie le pavillon ; Le Corbusier s'adresse au ministère des Beaux-Arts, qui ordonne d'abattre la clôture. Inauguré le 18 juillet 1925, le pavillon est détruit entre avril et mai 1926. Une réplique en est bâtie en 1977 à Bologne, en Italie, par les architectes Giuliano et Glauco Gresleri et José Oubrerie, avec l'autorisation de la Fondation Le Corbusier.
Architecture
Sur ce terrain boisé, Le Corbusier bâtit le pavillon avec un arbre en son centre, qui passait à travers le toit. Doté d'une terrasse intérieure, l'édifice réunissait deux parties. La première était une cellule d'habitation en L, modèle grandeur nature du logement que Le Corbusier étudiait depuis 1922 pour l'« Immeuble-Villas ». La seconde, un diorama, sorte de cylindre servant d'espace d'exposition, présentait ses projets de réforme urbaine et de maison bon marché, dont le Plan Voisin et la Ville de trois millions d'habitants. Sur les plans de décembre 1924, le diorama, un peu en retrait, restait aligné sur la façade de la loggia, afin de marquer l'autonomie des deux parties : la maison individuelle et la vision de la ville moderne, sous un même toit.
La cellule de base s'étendait sur deux niveaux ; le second, en double hauteur, formait la pièce principale, qui servait à la fois de séjour, d'atelier et de « living ». Pour l'équipement intérieur, Le Corbusier et Pierre Jeanneret ont mis au point des « casiers standards » en bois, une table en tube d'acier chromé à plateau de bois et une autre, plus petite, à plateau de tôle vernie mat. Ils y présentaient aussi des meubles fabriqués en série, qui tranchaient avec les pièces uniques et coûteuses des autres pavillons.
Paris (8e arrondissement)