Hôtel Winssinger
Bruxelles (Saint-Gilles)

Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1894-1897
- Architecte
- Victor Horta
- Type
- Hôtel de maître (Art nouveau, classé) transformé en immeuble de rapport
- Accès
- À voir depuis la rue seulement ; immeuble habité (inventaire régional, novembre 2026)
Victor Horta dessine cet hôtel de maître Art nouveau de 1894 à 1897 pour Camille Winssinger, ingénieur, puis le réaménage en immeuble de rapport en 1928-1929, à la demande de son commanditaire. La façade est en pierre blanche, avec de la pierre bleue au rez-de-chaussée. Classé, l'hôtel se voit depuis la rue.
Histoire
Camille Winssinger, ingénieur, fait construire l'hôtel par Victor Horta, qui le dessine de 1894 à 1897.
En 1928-1929, Winssinger demande à Horta de le transformer en immeuble de rapport, avec trois appartements aux étages. Façade et intérieur changent : la mansarde date de 1928, l'escalier principal est scindé et un ascenseur Otis prend place dans la cage de l'escalier de service, que Horta refait de fond en comble. Les travaux respectent le style initial.
En 1946, la compagnie d'assurances Le Lion belge s'installe au rez-de-chaussée et à l'entresol. L'architecte de ces travaux, Henri Jacobs (fils), adopte un style monumental d'esprit moderniste, où se retrouve l'écho des salles du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, bâti par Horta de 1920 à 1928. Le passage cocher est rhabillé et une vaste annexe de bureaux, élevée pour la compagnie, remplace le jardin.
L'hôtel est classé le 7 décembre 1984 pour sa façade principale, son escalier, son hall et son entresol, puis de nouveau le 21 décembre 2007 ; l'ascenseur est classé depuis cette dernière date.
Architecture
La façade est en pierre blanche, rehaussée de pierre bleue au rez-de-chaussée. Elle s'élève sur quatre travées, avec trois niveaux et, du côté droit, un entresol, sous une mansarde. Les ouvertures sont surtout couvertes d'arcs surbaissés ; à droite s'ouvre la porte cochère, cernée de pierre bleue.
La troisième travée se distingue. Avant 1928-1929, l'escalier la parcourait de bas en haut et ses paliers s'y lisaient. Elle rompt avec le classicisme de l'ensemble en faisant bomber la façade, et une fenêtre à meneau s'y ouvre au rez-de-chaussée, sur un appui arrondi en cul-de-lampe. L'entresol est éclairé par un bow-window cintré percé de trois baies géminées ; ses fenêtres avaient autrefois des vitraux. Au troisième niveau, un second bow-window est rythmé par quatre colonnettes de fonte, qui montent jusqu'au garde-corps de la terrasse du dernier niveau. Des balcons à grille de fer forgé l'encadrent ; leurs côtés de pierre se prolongent en consoles galbées. Tout en haut, une lucarne à trois baies traverse la corniche, précédée d'une petite terrasse appuyée sur la saillie de la travée. Elle remplace un triplet comparable, percé à l'origine directement dans l'entablement. La corniche de bois à modillons, les menuiseries et les ferronneries sont d'origine.
Lors de l'inventaire du patrimoine de Saint-Gilles, mené de 1997 à 2004, l'intérieur avait déjà été profondément remanié. Du projet de Horta subsistait le vestibule, qui englobait l'entresol et montait donc très haut sous plafond. L'escalier, jadis monumental et desservant chaque niveau, ne montait plus qu'à l'entresol. Le mur, le long de ses volées, montrait des poutrelles métalliques rivetées ; le plafond était à caissons stylisés ; le sol, de marbres en mosaïque, déroulait des arabesques en coup de fouet. Une simple balustrade de fer forgé à main courante d'acajou isolait du vestibule l'entresol, ancienne salle de billard.
Trois pièces de réception inégales s'alignaient en enfilade sur le côté. La première avait des poutrelles métalliques au plafond et aux murs, des portes en pitchpin et une grande cheminée de marbre de Carrare. Celle du milieu, vaste, conservait son parquet et une cheminée de marbre rouge bordeaux, avec une corniche de stuc ; une partie des portes, des lambris et du mobilier en chêne blond y subsistait. La dernière, petite et très remaniée, avait fait office de véranda : elle donnait autrefois sur une serre.
Mis en service vers 1929, l'ascenseur Otis se trouve à gauche du hall d'entrée et circule au centre de la cage de l'escalier des appartements ; il dessert cinq arrêts, le sous-sol compris. Cet escalier est en granito jusqu'à l'entresol, avec une rampe de fer forgé dont les motifs font écho à la grille de la porte d'entrée ; plus haut, ses volées sont de bois. La cabine, quadrangulaire, est lambrissée de chêne verni sous un plafond bombé. De chaque côté, deux ouvertures verticales à glaces biseautées l'éclairent, surmontées d'impostes carrées en verre imprimé ambre, que protège à l'extérieur une rosace de fer plat riveté. Au-dessus des portes d'étage, à grille rétractile, le sigle d'Otis prend la forme d'une mappemonde dans un cadre de ferronnerie, et chaque palier garde ses boutons d'appel d'origine. On lit la main de l'architecte dans la cabine, alors que la balustrade de la gaine et les portes d'étage relèvent d'un modèle standard du catalogue Otis de l'époque. Des travaux de 2009 ont remplacé la machinerie d'origine, au sous-sol, par une machinerie en toiture ; les deux poulies de renvoi d'origine sont gardées comme témoins.
Usage
Les étages abritent des appartements. On y accède depuis le passage cocher par une porte vitrée dont la grille de fer forgé est ornée de palmettes.
Visiter
L'hôtel se découvre depuis la rue de l'Hôtel des Monnaies, à Saint-Gilles, côté façade principale.
Photos


50.83° N, 4.35° E
Sources (7)
- monument.heritage.brussels/fr/Saint-Gilles/Rue_de_l_Haotel_des_Monnaies/66/4935
- monument.heritage.brussels/nl/buildings/4935
- elevators.heritage.brussels/fr/elevators/27
- admirable-facades.brussels/fr/facades/hotel-winssinger/
- admirable-artnouveau.brussels/en-facades/winssinger-mansion/
- fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Winssinger
- openstreetmap.org/way/337937158