Unités de camping
Cap Moderne, Roquebrune-Cap-Martin
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1956
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Cellules de vacances (habitat minimum)
- Accès
- Visite guidée seulement, sur réservation en ligne obligatoire, avec la villa E-1027 et le Cabanon ; du 1er avril au 31 octobre, fermeture annuelle le reste de l'année (Cap Moderne, novembre 2026)
En échange du terrain que Thomas Rebutato lui a cédé pour son Cabanon, Le Corbusier réalise cinq unités de camping à Roquebrune-Cap-Martin. Chacune fait 8 m², reprend les dimensions du Modulor et loge deux personnes sur des lits individuels ; de grandes fenêtres cadrent le paysage face à la mer. Le menuisier corse Charles Barberis les construit, sur pilotis, d'après un principe simplifié pour tenir le budget. Les unités appartiennent à la composante du Cabanon de la série inscrite au Patrimoine mondial en 2016.
Histoire
En 1948, Le Corbusier, qui fréquente la villa E-1027 d'Eileen Gray et Jean Badovici, se lie d'amitié avec les Rebutato, famille qui vient d'ouvrir, avec vue sur la baie de Monaco, un modeste restaurant, L'Étoile de mer. Il revient chaque année y prendre pension et décide en 1951 de s'y construire un cabanon. Thomas Rebutato cède le terrain ; en échange, l'architecte propose de construire des logements de vacances. Sa recherche sur l'habitation de vacances aboutit en 1956 aux unités de camping, achevées en 1957.
Deux projets les précèdent sans voir le jour. Le premier, ROQ (1948-1950), est un projet de cité de vacances pour le Cap Martin : des appartements en duplex, aux dimensions du Modulor, que relieraient des escaliers extérieurs et des ascenseurs desservis par des galeries souterraines ; contre l'urbanisation désordonnée de la côte, Le Corbusier y recourt à des voûtes et à des maisons accolées. Le second, ROB (1952-1955), prévoit cinq logements de vacances en duplex, du type ROQ en plus simple ; une violente tempête sur le terrain, en 1954, l'arrête lui aussi. Ces études préparent les unités de 1956.
Une protection les couvre depuis 1994 ; on les repeint en 2003, puis on les restaure en 2016-2017. L'arrêté du 29 septembre 2021 les classe monuments historiques, avec la guinguette L'Étoile de mer, l'atelier et le sol des deux parcelles. Elles se rattachent à la composante du Cabanon dans la série entrée au patrimoine mondial en 2016.
Architecture
Le menuisier corse Charles Barberis construit les cinq unités en reprenant une partie de l'aménagement intérieur du Cabanon. Elles illustrent les recherches de l'architecte sur l'habitat minimum et sur un habitat de loisir modulaire, économique, pensé pour le tourisme balnéaire.
Chaque unité couvre 8 m² et suit les mesures du Modulor, soit 2,26 m par 3,66 m par 2,26 m ; deux personnes y dorment, chacune dans son lit, et un petit escalier mène à l'entrée. Le paysage fait partie du projet : de grandes fenêtres cadrent la vue sur la mer. Les unités déclinent en série l'habitation minimale de Le Corbusier, qui offre « les ressources de confort d'une cabine de luxe à bord d'un liner ».
Barberis allège le principe pour tenir le budget de l'architecte ; le bâtiment, d'abord prévu de plain-pied, est finalement posé sur pilotis. Le Corbusier lui laisse la conduite des travaux afin de se consacrer à la polychromie, en couleurs vives, des plafonds et des menuiseries extérieures. Sur le pignon nord, Thomas Rebutato peint la figure du Modulor, reconstituée lors de la dernière restauration.
Visiter
Les unités se découvrent pendant la visite guidée de l'ensemble du site Cap Moderne, avec la villa E-1027 et le Cabanon ; la visite libre n'est pas proposée et la réservation en ligne est obligatoire.
Cap Moderne, Roquebrune-Cap-Martin
Sources (5)
- fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-unites-de-camping-roquebrune-cap-
- pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00132719
- fondationlecorbusier.fr/wp-content/uploads/2024/05/plan-des-sites-le-corbusier-fr-2024-flc
- capmoderne.monuments-nationaux.fr/visiter/informations-pratiques
- capmoderne.monuments-nationaux.fr/