Cité ouvrière de Lège (maisons et cantine)
Lège-Cap-Ferret, Gironde
Sources consultées en novembre 2026
- Année
- 1924-1925
- Architecte
- Le Corbusier
- Type
- Cité ouvrière
- Accès
- Visible de l'extérieur ; maisons d'un bailleur social, cantine communale inaccessible (Sites Le Corbusier et Fondation Le Corbusier, novembre 2026)
Après avoir lu Vers une architecture, l'industriel du sucre Henry Frugès commande à Le Corbusier des maisons destinées aux ouvriers de sa scierie de Lège. Le programme réunit six maisons de deux types, une maison des célibataires appelée cantine, avec réfectoire, et un terrain de jeu muni d'un fronton de pelote basque. Les travaux vont d'août 1924 à 1925 ; maisons et cantine sont inscrites aux monuments historiques depuis 1990.
Histoire
Le 3 novembre 1923, après avoir lu Vers une architecture, Henry Frugès, industriel du sucre à Bordeaux, écrit à Le Corbusier : il s'apprête à faire bâtir une petite cité ouvrière autour d'une scierie qu'il vient d'acheter dans les Landes d'Arcachon. Peu après, il lui commande des maisons pour les ouvriers de cette scierie, à Lège ; Le Corbusier les construit avec son cousin et associé Pierre Jeanneret.
Ouvert en août 1924, le chantier s'achève en 1925 ; l'emploi du « canon à ciment » et des faiblesses de structure y ont causé de nombreux problèmes. Lors de la crise des années 1930, Frugès se défait de son usine et s'en va en Afrique du Nord ; la famille Darbo, des sylviculteurs, rachète le lotissement et la scierie. Le lotissement est alors complètement délaissé et les maisons subissent de lourdes transformations : les toits-terrasses font place à des toits à deux pans, des ouvertures sont condamnées, l'aménagement intérieur est modifié et des appentis s'ajoutent.
Les six maisons, ainsi que la maison des célibataires, dite cantine, avec son fronton de pelote basque, sont inscrites aux monuments historiques en 1990. Gironde Habitat, office public d'aménagement et de construction, est propriétaire des maisons depuis 1993 et lance une campagne de rénovation limitée aux maisons : de 1996 à 1997, l'architecte Jean-Luc Veyret en rétablit les volumes et les ouvertures, notamment le toit-terrasse. En 2012, une nouvelle campagne, menée par Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques, porte sur l'amélioration thermique et comprend le remplacement de tous les châssis métalliques. La cantine, elle, appartient à la commune de Lège-Cap-Ferret ; en 2016, une étude préalable à sa restauration a été faite en vue de l'ouvrir au public.
Architecture
Le programme compte six maisons, trois du type A et trois du type B, auxquelles s'ajoutent une maison des célibataires, appelée aussi « cantine » et destinée aux ouvriers saisonniers, avec son réfectoire, et un terrain de jeu pourvu d'un fronton de pelote basque.
Visiter
L'ensemble se voit de l'extérieur ; la cantine est inaccessible.
44.80° N, 1.14° O