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Unité d'habitation de Rezé (Maison radieuse)

Rezé, près de Nantes

Unité d'habitation de Rezé (Maison radieuse), Rezé, près de Nantes
Photo : « Appartement témoin cité radieuse à rezé 02 » · Hervé Moine · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0, recadrée

Sources consultées en octobre 2026

« Un « village vertical » commandé par une société coopérative d'habitation, avec une école maternelle sur le toit-terrasse et un parc arboré. »
Année
1955
Architecte
Le Corbusier
Type
Immeuble d'habitation collectif (unité d'habitation)
Accès
Immeuble habité ; visites guidées sur réservation, visite libre non autorisée (Ville de Rezé, octobre 2026)

Deuxième des cinq unités d'habitation de Le Corbusier, la Maison radieuse de Rezé, près de Nantes, est commandée en 1949 par une société coopérative d'habitation et inaugurée en 1955. Ses 294 appartements en béton précontraint, superposés selon le principe de la boîte à chaussures, sont montés sur des pilotis en quinconce, en partie au-dessus d'une pièce d'eau, au centre d'un parc. À 52 mètres de haut, l'école maternelle conçue par Iannis Xenakis occupe le toit-terrasse. L'immeuble est toujours habité ; il se visite en visite guidée sur réservation.

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Itinéraire
Pour approfondir ≈ 6 min de lecture

Histoire

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la politique du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme incite des sinistrés à se regrouper en associations ou en sociétés coopératives. Près de Nantes, à Rezé, la Maison familiale, une société coopérative privée d'habitation à loyers modérés fondée en 1911, commande à Le Corbusier, le 23 juillet 1949, un bâtiment de cent logements dont le modèle est l'Unité d'habitation de Marseille, alors en construction. Le lien se fait grâce à l'avocat Gabriel Chéreau, ami de l'architecte et vice-président de la coopérative. La commande est portée par la Caisse d'allocations familiales de Loire-Inférieure et soutenue par le ministre Eugène Claudius-Petit et par le maire de Rezé, Georges Bénezet.

Contrairement à Marseille, commandée par l'État, le budget est extrêmement contraint : le nombre de logements et leur surface sont réduits, la rue commerçante est supprimée. Le financement est assuré à 85 % par un prêt du ministère, les 15 % restants étant empruntés par la Maison familiale avec la caution de la Ville de Rezé. Les habitants achètent au départ 15 % de la valeur de leur logement, paient des loyers pendant 65 ans pour les 85 % restants et deviennent à terme propriétaires ; ce principe de location-coopérative disparaît avec la loi Chalandon de 1971.

Le projet définitif est établi en 1951 ; pour les premières études techniques, Le Corbusier travaille avec Eugène Freyssinet et Bernard Lafaille, avant que le bureau d'études Séchaud et Metz ne les reprenne. Deux ans d'études fixent les engagements des entreprises, un délai de chantier de 18 mois et le budget. La première pierre est posée symboliquement le 31 octobre 1953. Le chantier n'est pas dirigé par Le Corbusier lui-même mais par son adjoint André Wogenscky, avec l'appui de Iannis Xenakis, alors jeune architecte de l'agence. Les premiers habitants emménagent dès le 16 mars 1955 ; Le Corbusier assiste à l'inauguration de l'immeuble, le 2 juillet 1955. Celui-ci l'a nommé « Unité d'habitation de grandeur conforme de Rezé-lès-Nantes », expression qu'il emploie parce que l'unité se fonde sur le Modulor ; les premiers habitants obtiennent, avec son accord, de l'appeler Maison radieuse.

Les façades et les toitures sont inscrites aux monuments historiques en 1965, soit un mois après le décès de Le Corbusier. Le classement de 2001 couvre les façades, les toitures, les circulations intérieures, l'école en terrasse, la passerelle et les deux appartements témoins du sixième étage. Une première restauration des façades a lieu en 1999 ; celle de l'école, en 2021-2022.

Architecture

Plus petite que l'unité de Marseille, la Maison radieuse s'élève à 52 mètres au centre d'un parc, sur des pilotis répartis en quinconce, en partie au-dessus d'une pièce d'eau. Ses façades sont laissées en béton banché. Elle compte 294 appartements, du studio au six-pièces, desservis par six rues intérieures ; il n'y a pas de rue commerçante, projet abandonné pour des raisons budgétaires, et le hall d'entrée doit jouer le rôle de place centrale du village.

Le principe est celui de la « boîte à chaussures » : chaque appartement est une boîte en béton précontraint, posée sur celle d'en dessous et à côté de ses voisines. Les cellules, indépendantes les unes des autres, ne sont séparées que de quelques centimètres, et l'isolation entre appartements repose notamment sur de la fibre de verre. Le pan de verre de l'unité de Marseille est conservé et amélioré : ici, il devient le quatrième mur de la pièce.

La plupart des appartements s'organisent sur deux niveaux, dont l'un traverse l'immeuble d'est en ouest pour profiter du soleil de son lever à son coucher ; les grandes baies vitrées de la façade contrastent avec les rues intérieures beaucoup plus sombres. Il existe six tailles de logements, le quatre-pièces de 75 m² étant le plus répandu. Le premier niveau accueille le séjour et une cuisine ouverte inspirée du prototype conçu pour Marseille par Charlotte Perriand, avec passe-plat et portes coulissantes colorées ; un escalier à double rampe, l'une pour les adultes et l'autre pour les enfants, d'après un modèle de Jean Prouvé, mène aux chambres. Les plafonds sont à 2,26 m, conformément au Modulor, et les chambres d'enfants, larges de 1,83 m, communiquent par une cloison coulissante qui sert aussi d'ardoise. Chaque appartement a au moins une ou deux loggias, qui ouvrent la vue sur le parc et la ville.

Au sud du toit-terrasse se trouvent l'école maternelle et sa cour de récréation, au nord la terrasse dominée par la tour des ascenseurs et le réservoir d'eau ; une piste de course ceint l'ensemble. L'école, non prévue au démarrage du chantier, est ajoutée sur le toit en cours de travaux, son plan définitif datant de l'été 1954. Iannis Xenakis la conçoit sur une structure de poteaux et de poutres qui libère les façades et les espaces intérieurs. Ses nombreux vitraux, répartis de façon aléatoire dans le béton, associent verre simple, armé et ondulé ; ils s'inspirent des neumes, signes autrefois employés pour noter la musique grégorienne. La cour est agrémentée d'un bassin et de rochers artificiels, et dominée par l'une des deux grandes cheminées d'aération de style « paquebot ».

Usage

L'immeuble est toujours habité, ses logements se partageant entre locations HLM et propriétés privées. Une association des habitants, créée dès l'origine, anime la vie sociale de l'immeuble.

L'école maternelle du toit-terrasse est toujours en activité et accueille aussi les enfants du quartier voisin, qui empruntent chaque matin le hall et les ascenseurs pour rejoindre leurs camarades à plus de 50 mètres de haut.

Le parc qui entoure l'immeuble compte 212 arbres remarquables recensés en 2017, dont des cèdres, des chênes, des platanes et un séquoia géant ; il comprend aussi des aires de jeux, des terrains de sport et des jardins familiaux, et il est classé zone naturelle au règlement d'urbanisme.

Visiter

La visite se fait uniquement en visite guidée, sur réservation ; la visite libre n'est pas autorisée. Elle comprend l'appartement-témoin de 1955, l'une des rues intérieures et le toit-terrasse avec sa vue panoramique. Les visiteurs individuels réservent en ligne, à raison de 15 personnes au plus par visite ; les groupes de dix personnes ou plus réservent par téléphone ou par courriel auprès du service patrimoine et archives de la Ville de Rezé.

Toute l'année, hors jours fériés, les visites individuelles ont lieu le mercredi à 16 h et le samedi à 9 h 30 et à 11 h, avec d'autres créneaux pendant les vacances scolaires ; il n'y a pas de visite entre Noël et le Nouvel An. Les groupes sont reçus sur rendez-vous les mardis, jeudis et vendredis.

La Maison radieuse est accessible aux personnes à mobilité réduite : tous les déplacements se font en ascenseur, seules les chambres de l'appartement-témoin, en duplex, s'atteignent par un escalier d'une douzaine de marches.

47.19° N, 1.57° O

Sources (13)

  1. patrimoine-archives.reze.fr/page/visiter-la-maison-radieuse
  2. patrimoine-archives.reze.fr/page/la-maison-radieuse---le-corbusier
  3. patrimoine-archives.reze.fr/page/le-projet-rezeen
  4. patrimoine-archives.reze.fr/page/le-logement
  5. patrimoine-archives.reze.fr/page/l-ecole-maternelle-le-corbusier
  6. patrimoine-archives.reze.fr/page/la-vie-collective
  7. patrimoine-archives.reze.fr/page/les-unites-d-habitation
  8. fondationlecorbusier.fr/oeuvre-architecture/realisations-unite-dhabitation-reze-france-194
  9. sites-le-corbusier.org/oeuvres/unite-dhabitation-reze/
  10. maisonradieuse.org/decouvrir/le-parc-de-la-maison-radieuse.html
  11. maisonradieuse.org/decouvrir/l-ecole-de-la-maison-radieuse.html
  12. openstreetmap.org/way/84709990
  13. wikidata.org/wiki/Q2974705
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